Le Procureur spécial et Me El hadji Amadou Sall ont failli en venir aux mains: Après Karim, la mise en demeure d'Aïda Ndiongue ne passe pas

Le passage d'Aïda Ndiongue à la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI) duquel elle est ressortie avec une mise en demeure pour justifier sa fortune, n'a pas été de tout repos. Le Procureur spécial, Alioune Ndao et El Hadji Amadou Sall, avocat de la responsable libérale et non moins membre du même Parti Démocratique Sénégalais (PDS). L'affaire Karim Wade que la robe noire défend dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis est sans doute passée par là.



Le trop plein de colère emmagasiné depuis le déclenchement du recouvrement des deniers publics a failli se renverser à la CREI hier. Le procureur spécial, Alioune Ndao et Me El Hadji Amadou Sall qui défend Karim Wade et désormais Aïda Ndiongue dans le cadre de la traque des biens dits mal acquis ont failli en venir aux mains. C'est une des observations « salées » de Me Mbaye Jacques Ndiaye avec trois procédures devants des juridictions différentes pour les mêmes volets à l’endroit de Aïda Ndiongue qui a mis le feu au poudre. Ils ont manqué de peu d'en arriver aux coups de poings. 

En effet, face au procureur spécial, hier, il y avait Mes Moustapha Diop Borso Pouye, Seydou Diagne, Mbaye Jacques Ndiaye et El Hadji Amadou Sall, avocats de l'ancienne sénatrice et mairesse des HLM. Le procureur spécial demande alors au greffier de lire la loi n°81-53 du 10 juillet 1981 relative à la répression de l'enrichissement illicite. 

Lorsque le greffier a fini de lire, ce dernier de demander aux conseils d'Aïda Ndiongue s'ils avaient des observations à faire. Et Me Mbaye Jacques Ndiaye qui ne se fait pas prier selon le journal "l'as" de demander la parole pour fustiger le fait que le procès-verbal de demande d'ouverture d'enquête destiné aux gendarmes de la Section de Recherches (SR) de Colobane ne précise pas lequel des régimes Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Abdoulaye Wade était concerné dans les biens répertoriés au nom d'Aïssatou Ndiongue. Et qu'il fallait le faire si c'était celui du temps du président sortant Wade. Ce, au moins  que le dossier ne soit purement politique et que les gendarmes ne soient aiguillonnés pour voir si Aïda Ndiongue est un "prête-nom". 

Loin de s'en arrêter là, la robe noire de montrer sa surprise de voir sa cliente faire l'objet de trois (3) procédures différentes toutes pendantes devant le Doyen des Juges d'Instruction (DJI) qui l'a mise sous contrôle judiciaire, le deuxième cabinet pour sa fortune estimée à 47, 675 milliards et maintenant la CREI...

Aux attaques, Alioune Ndao ne manque pas de répondre. Interrompant Me Mbaye Jacques Ndiaye, le procureur spécial d'inviter ce dernier à ne plus tenir de tels propos . Et c'est là que Me El Hadji Amadou Sall montre sa colère en lui signifiant que ce dernier est libre de développer les arguments qu'il estime pertinents. 
"Faites ch...vous êtes impoli", lance le procureur spécial qui en prend pour son grade. "Si vous répétez ça, je vous en...", répond l'avocat. 

Ce n'est qu'à la suite de l'intervention de son adjoint que le procureur spécial se dirige vers la sortie mais il fallait compter avec les conseils d'Aïda Ndiongue pour lui barrer la route. Alioune Ndao menace de porter plainte, le président de la CREI joue les sapeurs pompiers pour inviter au calme. Ledit calme retrouvé, le procureur spécial de lancer cette plaisanterie: "on va se retrouver dans mon bureau, boire du thé". Mais la réplique de l'autre partie ne se fait pas attendre: "Nous sommes venus pour plaider un dossier, pas pour plaisanter". 




Samedi 29 Mars 2014 - 10:14



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