Le Rwanda dénonce la suspension de l'aide militaire américaine

Le président du Rwanda Paul Kagame a réagi hier, vendredi 4 octobre, à la sanction de Washington qui a annoncé la veille avoir suspendu son aide militaire au Rwanda en vertu de la loi américaine de 2008 sur la protection des enfants soldats. En cause selon Washington, le soutien de Kigali à la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23) accusée de recrutement d’enfants soldats. Le président rwandais, lors d’un discours au Parlement alors que les nouveaux députés prêtaient serment, a estimé que ce traitement était injuste et qu’il bénéficiait aux « ennemis » du pays.



Le président rwandais Paul Kagame. REUTERS/Noor Khamis
Le président rwandais Paul Kagame. REUTERS/Noor Khamis

« C’est une situation très dure à laquelle nous faisons face. […] Le Rwanda est jugé et rendu responsable pour les erreurs des autres » ; c’est ce qu’a dénoncé hier le président Paul Kagame face à un parterre de parlementaires, de haut responsables rwandais et de diplomates.
 

« Des déclarations sont faites sur nous à propos d’enfants soldats en RDC et la RDC n’est pas concernée par ça, nous sommes jugés à leur place », a-t-il poursuivi. Kinshasa a bénéficié d’exemptions à la fameuse loi américaine sur les enfants soldats en vertu de laquelle le Rwanda est sanctionné. « Je ne comprends pas pourquoi le Rwanda est traité […] avec autant d’injustice», a-t-il encore estimé.
 

  → A (RE)LIRE : Documentaire : «Se battre comme des soldats, mourir comme des enfants»
 

Et pour le président Paul Kagame, ce genre de traitement bénéficie à ceux qu’il nomme les ennemis du Rwanda, ces « assassins » dit-il, « qui vivent en RDC [ou] en Afrique du Sud », qui « jettent des grenades à Kigali et tuent nos enfants ». Une allusion aux dissidents rwandais en exil et aux Forces démocratiques de libération du Rwanda, les FDLR, que Kigali rend responsables des séries d’attaques à la grenade sur son territoire depuis 2010.

Maintes fois applaudi, le président rwandais a appelé les parlementaires et toute la population à travailler encore plus dur en cette période difficile, les assurant cependant que « l’esprit du Rwanda » demeurait intact.


Dépéche

Samedi 5 Octobre 2013 - 11:27



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