Le bourreau du journaliste américain décapité pourrait être britannique



 

Le chef de la diplomatie du Royaume-Uni estime que le bourreau de James Foley pourrait être un ressortissant britannique, après la diffusion de la vidéo de l'exécution du journaliste par l'Etat islamique. 

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a interrompu mercredi ses vacances pour présider une série de réunions d'urgence après l'annonce de l'exécution sommaire par l'Etat islamique (EI) du journaliste américain James Foley.
"Si c'est vrai, le meurtre de James Foley est choquant et pervers. Je vais présider aujourd'hui des réunions sur la situation en Irak et en Syrie", écrit le Premier ministre sur son compte officiel Twitter.
Dans un communiqué, Downing Street précise que le Premier ministre était rentré de Cornouailles dans la matinée, et que la réunion en présence du ministre des Affaires étrangères et des hauts responsables du ministère de l'Intérieur serait l'occasion de faire un point sur "la menace posée par les terroristes de l'EI".
Le chef de la diplomatie, Philip Hammond, a exprimé son sentiment d'"horreur absolue" après la diffusion sur internet d'une vidéo de l'Etat islamique  qui semble montrer "l'exécution brutale" par décapitation du journaliste américain James Foley. "C'est un exemple de plus de la panoplie de brutalité de cette organisation", a-t-il ajouté.

Des recherches pour déterminer la nationalité du bourreau

La vidéo montre un homme masqué et habillé de noir qui semble couper la gorge de James Foley, enlevé par des hommes armés en novembre 2012 en Syrie. Rappelant que cette vidéo n'avait pas été authentifiée, Philip Hammond a cependant estimé "qu'elle présentait toutes les caractéristiques laissant à penser qu'elle est authentique". Il a également relevé que le bourreau de James Foley s'exprimait en anglais avec un accent britannique. "Il semble qu'il s'agisse d'un Britannique. Nous allons devoir faire davantage de recherches pour être sûr que c'est le cas", a-t-il déclaré à la BBC (article en anglais).
"L'une des raisons pour lesquelles ce qui se passe en Syrie et en Irak représente une menace directe à notre propre sécurité nationale est la présence d'un nombre significatif de nos concitoyens [dans ces pays] qui risquent, à un moment donné, de chercher à rentrer au Royaume-Uni avec des compétences et des techniques acquises auprès de ces organisations terroristes", a jugé le ministre. Il a ajouté qu'il y avait de "plus en plus" de Britanniques en Irak.

"Ils font partie des combattants les plus véhéments"

"Nous pourrions décider d'envoyer un nombre limité de formateurs à Bagdad, par exemple. Nous pourrions former des formateurs irakiens (..) et former les forces de sécurité irakiennes", a par ailleurs dit le ministre des Affaires étrangères, à la BBC Radio 4. A l'heure actuelle, l'assistance britannique à l'Irak se résume à des missions aériennes de surveillance, à l'envoi d'aide humanitaire et au transport d'armes de pays tiers à destination des combattants kurdes.
Pour Shiraz Maher, du Centre international d'études sur la radicalisation (ICSR) au King's College de Londres, l'auteur de la décapitation "est très probablement un Britannique". "Nous avons toujours dit que les combattants étrangers qui partent en Syrie ne vont pas là-bas pour être des spectateurs", a-t-il déclaré à l'AFP. "Ils y vont pour participer pleinement à la guerre, pour être aux avant-postes du conflit", a-t-il ajouté. "Nous avons vu des combattants britanniques là-bas perpétrer des attentats-suicides, nous les avons vus agir en tant que bourreaux, a-t-il précisé sur la BBC. Malheureusement, ils font partie des combattants les plus vicieux et les plus véhéments sur place." 
Rappelant que les jihadistes avaient présenté cet assassinat comme une réponse aux frappes américaines en Irak, l'expert a jugé que leur démarche "mettait la pression sur Obama, mais embarrassait également le gouvernement britannique".

FRANCETV INFO


Mercredi 20 Août 2014 - 16:38



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