« Le débat sur la Burqa est aussi dérisoire que la question de la mini jupe »… Yoro Dia Journaliste-Politologue

Dans la lutte contre le terrorisme, la voix du Sénégal devrait se faire entendre, parce que l’Islam sénégalais démontre la fausseté du discours des groupes terroristes, mais pas de la manière dont est en train de faire Macky Sall avec la question de l'interdiction de la Burqa . C’est du moins l’avis du journaliste et politologue Yoro Dia, c’était ce dimanche sur l’émission Opinion sur Walf Tv.



«Face à la menace terroriste, les Etats sont tous vulnérables.» C’est la conviction de Yoro Dia qui était ce dimanche l’invité de l’émission «Opinion» sur Walf Tv. Mais le journaliste pense que «beaucoup de pays gagneraient à s’inspirer de l’exemple du Sénégal». Et pour cause, Yoro Dia rappelle qu’il y a toujours eu des discours religieux radicaux au Sénégal, mais «l’Etat a toujours su gérer notamment par la stratégie de la banalisation». «La voix du Sénégal devrait se faire entendre dans la lutte contre le terroriste, car nous avons un Islam tolérant et nous sommes au juste milieu », dit-il. Avant de poursuivre : «Mais pas dans la manière de faire du chef de l’Etat.»
 
En fait, Yoro Dia reproche au Président Sall son discours sur le voile intégral ou burqa. «Le débat sur la burqa est aussi dérisoire que la question de la mini-jupe, car la Burqa est une tradition afghane et non Islamique, nous nous sommes des sénégalais musulmans», souligne-t-il. De l’avis du journaliste-politologue, l’Etat n’a pas de compétences en matière religieuse. «Le chef de l’Etat n’a pas à se prononcer sur des prêches ou sur la burqa», analyse Yoro Dia. Qui pense que le rôle de l’Etat se limite à l’angle sécuritaire. Mieux, il estime que le Sénégal  dispose de ressorts sociologiques  qui lui permettent de faire face aux menaces jihadistes . Il en veut pour preuve le cas de Touba où des talibés mourides sont allés fermer une mosquée dont le discours de l’imam était jugé offensant.
 
 Par ailleurs, Yoro Dia indique que le terrorisme n’est qu’un combat politique qu’on veut sacraliser par la religion. Mais il est convaincu que l’organisation de l’Etat islamique (Ei) ne pourra pas résister longtemps. Car, d’après lui, en frappant Paris, l’Ei a réussi la prouesse d’unir contre lui la France, la Russie et les Etats-Unis. Même s’il pense que la difficulté, c’est l’anticipation parce que «les terroristes commencent là où s’arrête l’imagination».
 

Khadim FALL

Dimanche 22 Novembre 2015 - 21:01



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