Le front social en ébullition: le dialogue de sourd entre l’Etat et les syndicats

Ce n’est pas demain la veille qu’il y aura apaisement. Les acteurs ne parlent pas le même langage. Mis à l’écart, le comité du dialogue social exige d’être sollicité pour « jouer son rôle de médiation ». Ce, au moment où le Syndicat Unique des Travailleurs de la Santé (SUTSAS) en grève hier, sert que les négociations sont closes et réclame des actes. Le vice-président de l’Assemblée nationale par ailleurs porte-parole adjoint de l’Alliance Pour la République (APR), Abdou Mbow met en exergue le « sursaut patriotique».



Le front social en ébullition: le dialogue de sourd entre l’Etat et les syndicats
«Il faut créer les conditions d’un dialogue social constructif, cela signifie qu’il faut développer les mécanismes de concertation, de consultation et de négociation, les mécanismes existent mais ils ne sont pas mis en œuvre de manière conséquente. Et c’est cela qui explique que des luttes se développent avec des préavis sans l’ouverture de négociations, que des négociations s’instaurent sans aboutir à des conclusions dont les accords ne sont pas respectés, il va falloir instaurer la dynamique du dialogue social en lieu et place de la logique de confrontation», ouvre l’ancien secrétaire général de l’Union Démocratique des Enseignants du Sénégal (UDEN).


Actuel président du Comité du dialogue social, Mamadou Diop Castro de préciser que «les cadres existent mais ne fonctionnent pas en réalité du fait du manque de formation des acteurs». Il demande dès lors, la formation des acteurs en vue de «respecter les règles du jeu ». Et qu’ «il y ait des rencontres périodiques d’échanges, de suivi des plateformes avant même que (ces dernières) ne se transforment en préavis » et que « quand ces préavis sont déposés dans le mois, le gouvernement doit créer des conditions pour l’ouverture des négociations ».
 
 
Pour cela, «pourvu que les structures de dialogue social soient saisies dans les conditions requises », préconise le syndicaliste qui déplore qu’ «aujourd’hui » bien que «le comité national pour le dialogue social soit érigé en Haut Conseil pour le dialogue social », l’instance «n’a pas encore réellement pris fonction». Pis, «il y a dans le secteur de l’Education, un comité de dialogue social qui n’a aucun moyen, qui n’est pas saisi par le gouvernement, par les organisations syndicales, qui fonctionne à vide ». Ce qui fait que, pose Mamadou Diop Castro : «On va toujours de la confrontation à la négociation, à la signature d’accords à la confrontation, on ne sort pas du cercle ». D’où la nécessité de «restaurer la dignité du comité du dialogue social pour qu’il puisse jouer son rôle de régulation ». Dans la mesure où sert-il: «le président de la République est le dernier arbitre » alors qu’«on est arrivé à un niveau où ce dernier doit rencontrer les syndicats ». «Il faut rencontrer les acteurs leur parler et prendre suffisamment de garanties pour débloquer cette crise », campe le président du comité du dialogue social pour qui, «le secteur de la santé est en ébullition».
 

Ainsi donc interpellé sur les ondes de la Rfm, le secrétaire général du SUTSAS, ne tarde pas à réagir. « C’est le gouvernement qui sait comment régler la situation. Nous sommes des organisations syndicales, nous nous battons autour d’une plateforme revendicative…C’est en 2014 que l’Etat nous a appelé, tous les syndicats à la queue leu leu pour examiner la plateforme et aboutir à des accords; c’est le 17 février 2014 que nous avions signé…Aujourd’hui, on en est à l’application d’un accord signé qui a été qualifié de réaliste et de réalisable et doit donc être matérialisé. Nous avons attendu un an jour pour jour, ce 17 février 2015 car on a assez donné du temps au temps, pour déposer un préavis de grève le 23 février. Le gouvernement avait du temps pour s’exécuter. On nous a appelés pour nous dire qu’ils sont en train de voir, ce sont ces circuits-là qui sont interminables. Nous avons commencé à dérouler notre plan d’action. Le gouvernement a la solution qui est simplement l’application de l’accord. La négociation est terminée, le SUTSAS réclame des actes… », clôt Mballo Dia Thiam.

 
Porte-parole du gouvernement et vice-président de l’Assemblée nationale,  Abdou Mbow de tempérer. «C’est vrai de dire que nous sommes dans une situation très difficile. Nous avons constaté depuis très longtemps que les secteurs de l’Education et de la Santé sont toujours en eaux troubles ». Avant d’inviter au «patriotisme». «Aujourd’hui, je pense qu’il faudrait d’abord un sursaut patriotique ». A ce propos, préconise le responsable du parti au pouvoir, «il faudrait que le gouvernement puisse au début de chaque année, essayer de revoir avec les syndicats, le protocole d’accords avant et ensuite tenir un langage de vérité comme le président de la République l’a fait hier…Nous sommes dans un pays qui n’a pas des ressources, pas un pays riche et nous savons ce que nous pouvons faire et ce que nous ne pouvons pas…le président de la République l’a rappelé, c’est inacceptable que dans un pays comme le Sénégal le tiers du budget soit consommé par une minorité » car il a promis de «travailler à la réduction des inégalités sociales».  
 


Mercredi 22 Avril 2015 - 14:16



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