Le gouvernement promet plus de 10.000 places d'hébergement pour les demandeurs d'asile

Pour l'heure, sur les quelque 64.000 demandeurs d'asile par an en France, moins de la moitié ont une place dans les Centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA).



Fermeté affichée le mardi, humanité professée le mercredi.Après avoir exhorté Rome à ne plus renvoyer vers les pays du nord ses migrants indésirables, le gouvernement français a présenté en Conseil des ministres son plan pour l'amélioration de la prise en charge des migrants qui demandent la protection de la France.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et sa collègue au Logement, Sylvia Pinel, ont évoqué la création de 10.500 places d'hébergement supplémentaires, à terme, pour les migrants. L'essentiel de ces places devra être trouvé, en principe, avant la fin de l'année 2016.

Pour les réfugiés, tout d'abord, c'est-à-dire les migrants s'étant vus octroyer la protection internationale par la France, le gouvernement promet 5.000 places supplémentaires en deux ans. Des places en «logement accompagné», ce qui signifie que les intéressés bénéficieront d'un toit et d'un accompagnement social pour aider à leur insertion. S'y ajouteront encore 500 places dans des centres censés servir de sas, après le séjour en Centre d'accueil pour demandeur d'asile (CADA).

L'hôtel, un palliatif coûteux

Pour les demandeurs d'asile en attente, le gouvernement promet par ailleurs 4.000 places supplémentaires, «selon des modalités à fixer d'ici à 2016», explique le cabinet de Bernard Cazeneuve. Pour l'heure, sur les quelque 64.000 demandeurs d'asile par an en France, moins de la moitié ont une place dans les Centres d'accueil pour demandeurs d'asile (CADA), ces structures considérées comme les plus appropriées.

Le logement à l'hôtel demeure un palliatif coûteux que le gouvernement voudrait réduire. Mais le pourra-t-il si le nombre de demandeurs continue d'augmenter en France, en vertu du principe de répartition des nouveaux arrivants que l'Europe négocie âprement avec les États membres de l'Union?

Reste le cas bien particulier des campements qui se sont installés dans la capitale  ces derniers mois et que le gouvernement peine à résorber. En urgence, dans les 3 mois, le gouvernement promet de créer 1.500 places d'accueil pour ces migrants. Il s'agit officiellement d'une «mise à l'abri» pour «orienter ces personnes vers le dispositif le plus adapté».

C'est principalement en Ile-de-France que ces campements doivent être trouvés... loin de Paris. Les hébergés sont censés n'y rester que «quelques jours». Une «mise à l'abri» ou une mise à l'écart de personnes qui occupent les trottoirs parisiens, selon le principe de «l'évincement» pratiqué par la préfecture de police de Paris?

Une chose est sûre: au total, ce sont 10.500 places que le gouvernement promet de créer en deux ans pour répondre à des situations diverses. «Nous avions réclamé un plan d'urgence pour l'hébergement et l'accueil des réfugiés et des demandeurs d'asile, nous avons une réponse. C'est une réponse d'ampleur et jamais mise en œuvre jusqu'à présent. Il faudra désormais suivre la mise en application de ce plan qui demande la mobilisation de tous les acteurs sur l'ensemble du territoire», a estimé le directeur général de France Terre d'Asile, Pierre Henry.


figaro

Mercredi 17 Juin 2015 - 12:03



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