Le mouvement hip hop sénégalais et le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde se mobilisent pour le Forum social mondial (FSM) - Dakar 2011



Dans un mois, la téranga sénégalaise accueille le prochain Forum social mondial (FSM), qui se déroulera à Dakar, du 6 au 11 février 2011. Le FSM, espace ouvert de construction d’alternatives à la mondialisation néolibérale, constitue une opportunité et un défi pour tous les mouvements sociaux sénégalais et africains qui luttent contre les injustices sociales.



Le mouvement hip hop sénégalais et le Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde se mobilisent pour le Forum social mondial (FSM) - Dakar 2011
Dans beaucoup de pays du Nord, la crise frappe durement les populations qui voient leurs conditions de vie se dégrader à grande vitesse. Mais pour les Africains, la crise est loin d’être nouvelle. Ils connaissent et vivent au quotidien une crise structurelle depuis de longues années. Pourtant, la Banque mondiale et certains dirigeants affirment que l’Afrique est en « bonne santé », grâce notamment à des taux de croissance économique de l’ordre de 5%. Mais les populations ne vivent pas de taux de croissance. Et une telle croissance ne sert à rien si ses fruits ne sont pas répartis équitablement. Malgré cette croissance, les populations africaines ont-elles accès à une éducation et à des services de santé de qualité ? Peuvent-elles se nourrir en quantité et qualité suffisante ? Peuvent-elles se loger correctement ?

Contrairement à ces discours inconscients et dangereux, l’Afrique est durement touchée par la crise avec une augmentation incessante du chômage, et la santé et l’éducation qui continuent à se dégrader. Cette situation, intolérable humainement et insoutenable écologiquement, doit cesser.

C’est dans cette perspective que la Coalition pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM Sénégal et le studio youkoungkoung co-produisent, en collaboration avec plusieurs groupes et artistes du mouvement hip hop sénégalais, un album rap qui a pour objectif de sensibiliser les populations, à partir des réalités vécues localement sur les grandes thématiques portées par le mouvement altermondialiste.

La problématique de la dette du tiers-monde est en quelque sorte le fil rouge de cet album. En effet, la dette constitue, depuis les dites indépendances, la nouvelle arme de domination des grandes puissances pour continuer à exploiter les peuples et piller les énormes richesses africaines, pour le plus grand profit des transnationales. Mais, conscients que l’annulation de la dette est une condition nécessaire mais insuffisante pour un réel développement humain, l’album se positionnera également contre toutes les formes d’oppressions, en particulier celles subies par les femmes ; pour l’amélioration des conditions de vie des populations (les inondations et les coupures d’électricité ici au Sénégal) ; pour le respect des droits humains (accès à une bonne éducation et à un travail pour toutes et tous) et des droits de la nature ; pour la liberté de circulation et d’installation; contre la corruption, la domination des transnationales et le pillage des ressources naturelles, pour la construction d’une vraie démocratie ; pour la souveraineté alimentaire ; …

L’album, « prise de conscience collective », invite également à prendre conscience que pour transformer le monde et donner du contenu au slogan « Un autre monde est possible », il est nécessaire de faire converger les luttes. Il ne s’agit pas d’avoir une vision étroite du développement, mais bien de défendre les intérêts de tous les citoyens et toutes les citoyennes sénégalaises, d’Afrique et du monde. Pour cela, il est très important de favoriser les connexions avec les luttes de tous les peuples opprimés.

Une chose est sûre : la solution ne viendra pas «d’en haut». Les dirigeants africains, pour leur très grande majorité, profitent du système et sont depuis longtemps soumis à la dictature du grand capital. La Banque mondiale et le FMI, malgré des beaux discours sur la démocratie et la lutte contre la pauvreté, sont avant tout des institutions au service des transnationales et du grand capital. La solution viendra des peuples qui, conscientisés et organisés, mettront une telle pression sur les gouvernements qu’ils n’auront d’autres choix que d’entendre et d’appliquer ses revendications. C’est aux peuples eux-mêmes de relever le défi du changement.

Le mouvement hip hop participant à cette initiative et le CADTM sont convaincus qu’il n’y aura pas de changements révolutionnaires mondiaux sans une multitude de combats locaux. C’est pourquoi la mobilisation locale (quartier, ville, région...), reliée à la dimension internationale, est primordiale. Afin de participer concrètement à cette mobilisation, nous organisons un grand concert à Guediawaye le 29 janvier 2011, où nous présenterons l’album. Nous appelons les rappeurs et les « simples » amateurs de rap, les travailleuses et travailleurs, les citoyennes et citoyens, à se mobiliser pour le Forum social mondial, et ainsi, participer, individuellement et collectivement, au renforcement des mouvements sociaux sénégalais et africain.

Le CADTM Sénégal, membre d’un réseau international présent dans plus de 30 pays répartis sur 4 continents, le studio Youkoungkoung et le mouvement Hip hop espèrent de cette manière contribuer positivement à la construction d’une nouvelle Afrique, où la justice sociale ne sera plus un vain mot et où ce ne sera plus la croissance ou les profits mais bien les besoins des populations et le respect de la nature qui constitueront la priorité des priorités.



Malal Talla « Fou Malade » et Olivier Bonfond (CADTM Belgiqu

Mardi 11 Janvier 2011 - 11:21



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