Le pardon, cette valeur que les Africains peinent à copier sur Nelson Mandela



 
 


    Décédé hier, des suites d’une longe maladie, Mandela occupe la Une des journaux, radios et télévisions. Tout le monde parle de ce combattant africain hors–pairs qui a subi la violence, l’humiliation, l’oppression pour devenir un héros de la liberté. De Barack Obama à François Hollande en passant par Macky Sall, Thabo Mbeki, les artistes, les religieux, les citoyens du monde sont unanimes à dire que Madiba est un exemple. Toutefois, peut-on dire que les Africains s’inspirent entièrement du premier président noir d’Afrique du Sud ? On est tenté de donné une réponse négative. Et pour cause, le pardon, l’une des valeurs fondamentales que Nelson Mandela a montrée au monde n’est pas cultivée dans la majeure partie des pays africains.
Nelson Mandela a passé 27 ans en prison. Après sa libération, il est devenu président de la République d’Afrique Sud. L’acte premier qu’il a posé sous son magistère est le pardon. Il n’a jamais penser mener une stratégie de vengeance contre ses adversaires. Il a mis en place la commission vérité et réconciliation. Cela a permis aux Sud africains de se réconcilier, d’oublier les périodes d’atrocités, de meurtres qui ont jalonné l’apartheid.  La culture du pardon a visiblement réussi dans ce pays. En aucun moment, les noirs n’ont tenté de se venger. Et l’Afrique du sud est devenue une nation arc-en-ciel où cohabitent des noirs et des blancs.
Contrairement à d’autres pays africains qui sont sortis de crises. Après des lendemains électoraux sanglants qui ont abouti à l’installation d’Alassane Ouattara à la tête du pays, la Côte d’Ivoire peine à retrouver la stabilité. Des attaques meurtrières sont souvent enregistrées dans ce pays. Elles visiblement menées par des gens qui veulent  se venger. En République centrafricaine, des règlements de comptes politiques ont suivi la chute de François Bozizé devant les rebelles conduits par Michel Diotodia.  Aujourd’hui, si rien n’est fait, le pays va droit vers le génocide.
En Egypte, en Tunisie et dans d’autres pays du continent, la paix peine à s’installer à cause des règlements de comptes et du refus du pardon. Des Africains sont souvent bâillonnés dans leur propre continent à cause de l’intolérance de certains Etats qui optent pour la fermeture de leurs frontières ou la non application des valeurs démocratiques.  
Cependant, des lueurs d’espoir sont notées avec les alternances politiques pacifiques notées au Sénégal, au Cap vert et au Ghana. Les autres Etats peuvent réussir cela s’inspirer de la culture du pardon que Mandela a inculquée au monde.


Vendredi 6 Décembre 2013 - 16:19



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