Le peuple Yaaku se bat pour sauver son dialecte, qui est déjà considéré comme «éteint» par l'Unesco



Le peuple Yaaku se bat pour sauver son dialecte, qui est déjà considéré comme «éteint» par l'Unesco
Il n'y a pas que les rhinocéros où les éléphants qui sont menacés d'extinction sur le continent africain. Au Kenya, l'ethnie Yaaku, qui ne compte plus que 4.000 habitants sur les hauts plateaux de la vallée du Rift, est en train de voir sa langue disparaître en direct. Les locuteurs peuvent désormais se compter sur les doigts des mains. La BBC avance le chiffre de 10 personnes encore capables de parler la langue. Un chiffre qui oscille selon les années et les sources.
 
Selon le journal kényan Daily Nation, seules sept personnes qui parlaient encore le Yakunte étaient en vie en 2010. Cette année-là, le decès de la doyenne de la communauté, âgée de 105 ans, avait porté un rude coup au combat que mènent les derniers Yaaku pour sauver leur langue.
 
Une langue classée comme «éteinte»
 
«Les Yakuu ont lutté pour garder en vie leur culture, leur langage et leurs traditions, et la mort de leur matriarche, Mme Naruato Matunge, ne pouvait pas arriver à un pire moment. Naruato Matunge était parmi les huit dernières personnes qui pouvaient parler le Yakunte sans utiliser de mots empruntés à la communauté Maasai, laquelle est dominante dans la région», écrit The Daily Nation.
 
Parmi les nombreux efforts qui ont été déployés pour sauver le Yakunte, un dictionnaire en cette langue a notamment été publié, note le site Quartz. L'ouvrage a vu le jour en 2004 après plusieurs années de collaboration entre des membres de l'ethnie et un universitaire néérlandais.
 
S'il existe encore une poignée de «résistants» Yakunte, leur langue a déjà été classée comme «éteinte» par l'Unesco depuis 1990. Dans son Atlas des langues en danger, l'Unesco explique que l'assimilation de cette communauté de chasseurs-cueilleurs par les Maasai, des éleveurs de bétails a contribué à détourner ce peuple de son mode de vie ancestral. «Les Yaaku ont d'abord changé leur mode de vie et finalement leur identité ethnique et linguistique», analyse l'Unesco.
 
 
 

Khadim FALL

Vendredi 23 Septembre 2016 - 12:25



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