Le poisson menacé, le PRAO préconise une gestion innovante de la pêche



Le poisson menacé, le PRAO préconise une gestion innovante de la pêche
Dans son allocution, Julio Ricardo Loayza, Economiste, a d’emblée présenté «les excuses de Mme Louise Cord, Directeur des opérations de la Banque mondiale au Sénégal» qui «est actuellement absente du pays, mais (qui) «a tenu à se faire représenter pour délivrer ce message». Ce, à l’occasion de la cérémonie de clôture du Projet Régional de la Pêche en l’Afrique de l'Ouest (PRAO), ce mardi 6 septembre 2016.
 
L’économiste a souligné que «le Programme régional des pêches en Afrique de l'Ouest (PRAO) est en parfaite adéquation avec la mission de la Banque mondiale, qui est d’éradiquer l’extrême pauvreté et de stimuler la prospérité partagée de manière durable». Ainsi, «avec le PRAO, le Sénégal s’est donné des capacités pour mettre en place un système de gestion de pêche qui permet au pays de bénéficier d'une plus grande proportion de la richesse générée par l'exploitation durable des ressources marines».
 
 
Pour ce faire, «le PRAO a été décliné en une série de projets mis en œuvre en trois (3) phases: le renforcement de la gestion des pêches et de la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, l'amélioration de la gouvernance, le renforcement de l'intégration régionale et l’augmentation des recettes. Et enfin avec une robuste gestion des pêches empêchant la surexploitation, il est devenu possible de promouvoir une croissance durable avec un rôle clé pour le secteur privé».
«Comme vous le savez, le poisson est la principale ressource pour les communautés côtières de pêcheurs qui font partie des plus pauvres et des plus vulnérables au Sénégal. La pêche est une tradition, une culture et un moyen de subsistance pour ces communautés. Ce mode de vie, cependant, est menacé car les principaux stocks de poissons ont été surexploités en raison de la défaillance des systèmes de gestion conventionnels qui n’ont pas permis de gérer l'accès aux ressources marines ou de réduire la pêche illicite, évitant ainsi la reconstitution des stocks», a alerté Julio Ricardo Loayza.  
 
Selon l’économiste qui a interpellé le ministre de la Pêche et de l'Economie maritime (Oumar Gueye), «pourtant, la zone économique exclusive du Sénégal, une des plus riches du monde pour la pêche, représente une importante source d'opportunités si le Sénégal se donne les moyens d’une gestion innovante de la pêche, capable de gérer l'accès et de réduire le pillage des ressources halieutiques par les pêcheurs illégaux ». Mieux, «comme pour beaucoup de pays côtiers, les ressources marines sont des atouts importants pour le Sénégal».
 
Or, «le régime d'accès ouvert à la pêche artisanale au Sénégal comme dans de nombreux pays côtiers, contribue à la surexploitation des ressources marines clés et donc à la perte de gains. En fait, le sous-secteur de la pêche artisanale au Sénégal, s’est considérablement élargi, passant de 13.000 bateaux en 2009 à 19.000 en 2015. Les répercussions à long terme d’un accès ouvert en l'absence de systèmes de gouvernance solides sont aisément prévisibles : trop de bateaux et trop de pêcheurs pour trop peu de poissons», a-t-il déploré.
 
La conséquence en est «la dégradation des ressources halieutiques et des pertes économiques». Aussi, «devant la rareté des stocks de poissons, les pêcheurs prennent plus de risques en allant très loin de leur base de pêche, avec des coûts toujours plus élevés et, parfois, des conséquences dramatiques comme les 95 cas de décès en 2015», a par ailleurs posé l’économiste.
Et d’indiquer sur «qu'est-ce qui devrait être fait ?» en appelant «le gouvernement du Sénégal et toutes les parties prenantes (à) s’engager à continuer à promouvoir la gestion communautaire de la pêche comme un outil efficace pour contrôler et gérer l'accès à la pêche artisanale et de réduire la pêche illégale dans les zones de cogestion riches en ressources ».
 
Pour Julio Ricardo Loayza, «les pêcheurs savent que cela fonctionne et sont prêts à l’adopter». Ce, d’autant plus qu’a-t-il souligné: «Ngaparou, un village côtier sénégalais à 64 kilomètres au sud de Dakar, est un témoignage clair de l'impact positif de la cogestion sur les ressources marines et les conditions de vie des communautés. C’est un modèle qui intéresse aussi des pays voisins. Cependant, pour une véritable émergence de la gestion communautaire de la pêche, il faudrait une décentralisation accrue et une véritable délégation des pouvoirs aux communautés qui sont prêtes à les assumer».
 
En ce qui la concerne, «la Banque mondiale ne peut que réaffirmer sa volonté de continuer à travailler avec le gouvernement du Sénégal et avec toutes les parties prenantes pour parvenir à une utilisation durable des ressources marines», a dit l’économiste.

Le nouveau Code adopté par l’Assemblée nationale le 30 juin 2015, le PRAO a pour objectifs de renforcer les capacités du pays dans les domaines de la gestion durable des ressources halieutiques et de la lutte contre la pêche illégale et accroître la valeur ajoutée des produits halieutiques. 


Mardi 6 Septembre 2016 - 14:36



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