Le président sud-africain hué à la cérémonie pour Mandela



Le président sud-africain hué à la cérémonie pour Mandela

JOHANNESBURG (Reuters) - Le public venu rendre hommage à Nelson Mandela mardi au Soccer City Stadium de Johannesburg a sifflé et hué l'actuel président sud-africain, Jacob Zuma, avant que celui-ci ne prenne la parole à la fin de la cérémonie.

Jacob Zuma, dont le gouvernement a été éclaboussé par des scandales de corruption et de violence policière à répétition, devrait briguer un nouveau mandat dans six mois et espérait sans doute profiter de l'atmosphère d'union sacrée créée par la mort du "père de la Nation" pour soigner sa popularité.

C'était compter sans la rancoeur de Sud-Africains de plus en plus critiques envers la pauvreté, l'insécurité et l'injustice sociale persistantes alors qu'a émergé une classe privilégiée de Noirs.

"Mandela avait une vision (du pays), il incarnait cette vision. Mais les mots de Zuma sont vides", a jugé Funeka Gingcara-Sithole, une femme de 31 ans présente au Soccer City Stadium, où nombre de participants à la cérémonie ont appuyé leurs sifflets de pouces baissés et de moulinets, signe sportif de remplacement.

"Il devrait se comporter de manière honorable et démissionner", a conclu la jeune femme.

Humiliation suprême pour Jacob Zuma, au pouvoir depuis 2009, la fanfare présente dans les tribunes a dû jouer un morceau de musique pour faire taire les huées avant que le président sud-africain, déjà sifflé à son arrivée au stade, ne puisse prendre la parole.

Jackson Mthembu, un porte-parole du Congrès national africain (ANC), qui demeure la grande favorite du prochain scrutin, s'est dit "surpris" par cette bronca, qu'il a qualifiée sur la chaîne de télévision eNCA de "souillure".

Un autre ex-président, Thabo Mbeki, qui avait succédé à Nelson Mandela en 1999, à une époque où la "nation arc-en-ciel" croyait encore à l'idéal de prospérité et de justice sociale promise par "Madiba" lors de son investiture, a au contraire été acclamé à son arrivée au stade.

David Dolan avec Peroshni Govender et Ed Cropley, Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser


Dépêche

Mardi 10 Décembre 2013 - 16:35



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