Le retour massif de Centrafrique des ressortissants tchadiens inquiète l'OIM

Près de 10 000 ressortissants tchadiens vivant en Centrafrique sont rentrés dans leur pays ces derniers jours pour fuir les exactions dont ils étaient victimes. L'Organisation internationale pour les migrations demande à la communauté internationale de venir en aide au gouvernement tchadien pour prendre en charge cet afflux.



Le retour massif de Centrafrique des ressortissants tchadiens inquiète l'OIM

Personne ne connait le nombre exact de Tchadiens vivant en Centrafrique. Ils pourraient être plusieurs centaines de milliers, juge le patron de l'OIM à Ndjamena. Dix mille déjà sont de retour. Mais combien encore vont choisir de rentrer après avoir subi des exactions, ou par peur d’en subir ?


Beaucoup, pourtant, étaient installés en Centrafrique depuis une dizaine, voire plusieurs dizaines d'années. Certains sont même nés dans ce pays et n'ont que très peu de liens avec le Tchad. « Ce qui compte, ce n'est plus de savoir s'ils étaient ou pas considérés comme des citoyens centrafricains, mais à quoi ils ressemblent », explique, dépitée, une source humanitaire.


Un retour problématique


Mais pour eux, un retour en Centrafrique à court terme est aujourd’hui exclu. C'est donc bien au Tchad que ces milliers de personnes vont devoir s'intégrer. Parmi elles, il y a celles qui n'ont plus de liens avec leurs communautés d'origine et celles qui, au contraire, les soutenaient financièrement. Dans les deux cas, le retour de ces migrants, malgré la solidarité au Tchad, pourrait peser lourdement sur ces communautés.


L'OIM tire donc la sonnette d'alarme : non seulement il faut apporter à ces milliers de Tchadiens qui, pour la plupart, sont partis sans rien une aide d'urgence, mais il faudra les assister également lors de leur réinstallation dans leurs régions d'origine pour éviter que leur retour ne devienne une source de tension.


Ce n’est pas la première fois que le Tchad est obligé d’accueillir ses ressortissants fuyant des zones de guerre dans les pays voisins. Dernier exemple en date, celui de la crise libyenne. Mais cette fois, l’afflux en provenance de Centrafrique est beaucoup plus rapide. D’après le docteur Qasim Sufi, responsable de l’OIM à Ndjamena, il pourrait bien avoir un impact plus important encore pour le pays.


« Nous avons aujourd’hui six sites pour accueillir les migrants venus de RCA […] On les enregistre, on leur donne un peu d’assistance, de la nourriture, ainsi qu’une assistance médicale. Car beaucoup d’entre eux sont sous le choc. Il y a aussi beaucoup de blessés. On est obligé d’en conduire certains à l’hôpital. La deuxième phase est de retrouver leurs communautés d’origine.

 

« Mais pour l’instant, ils sont très peu à avoir quitté ces centres de transit, qui sont désormais presque pleins. Or ils ne sont pas équipés pour accueillir les gens sur la durée, il faut vraiment qu’on puisse les améliorer pour qu’il y ait le minimum en termes d’hygiène, d’accès à l’eau. C’est ce qu’on fait avec les autres agences de l’ONU pour venir en aide au ministère tchadien des Affaires sociales, qui est présent dans ces centres de transit. »


Pour le docteur Sufi, le nombre de ressortissants revenant au Tchad devrait augmenter très rapidement.


Rfi.fr

Jeudi 2 Janvier 2014 - 08:22



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