Le traitement des cas de violences sur les filles dans les médias au Sénégal.


124 cas de violences sur les filles entre juillet 2009 et avril 2010 au Sénégal. La donne est sortie dans une enquête médiatique de l’ONG ActionAid. Sur la base des titres de journaux des articles sur les sites Internet des articles ont été collectés. Cinq quotidiens ont été ciblés : Le Soleil, L’Observateur, Le Quotidien, Sud Quotidien et Walfadjri. Le travail a été présenté par Kiné-Fatim Diop, co-responsable de la lutte contre les violences faites aux filles dans cette ONG, au cœur d’un atelier sur le thème : « violence faite aux filles dans le secteur de l’éducation », une initiative de Plan Afrique de l’ouest en collaboration avec Plan Sénégal.



Le traitement des cas de violences sur les filles dans les médias au Sénégal.







Grace à la collaboration active des collègues d’ActionAid dans dix huit pays africains cinq cent soixante dix sept (577) cas de violences ont été collectés depuis le 1er juillet 2009.
Le Sénégal (124 cas), le Kenya (103 cas), la Gambie (89 cas), le Ghana (79 cas) et le Malawi (55 cas) sont les pays où ActionAid a recueilli le plus grand nombre de cas. Au total 455 cas ont été enregistres dans ces cinq pays.

L’objet de cette étude médiatique est de compiler et d’analyser dans les médias nationaux sélectionnés par les bureaux pays d’ActionAid, les cas de violences faites aux filles en milieu scolaire (VFMS) comme obstacles à l’accès, au maintien et au succès à l’école.

Le rapport renseigne que : « les victimes sont âgées entre 0 et 16 ans et sont en majorité scolarisées ». Les types de violences enregistrés sont de plusieurs ordres : « violences sexuelles (viols, inceste, viol en réunion) entrainant grossesse/infection MST, violences domestiques et accidents mortels, infanticide, et les pratiques traditionnelles comme les mariages précoces/forcées, mutilations génitales féminines ».

La difficulté réapparait avec l’identité des auteurs des violences sur les filles. Ils sont « des personnes apparentées aux victimes, des personnes de confiance, (voisins/amis/travailleurs de proximité), personnel éducatif (enseignant, maître coranique, etc.), des personnes étrangères ».

Seulement pour les auteurs du rapport : « on ne peut pas interpréter la baisse de la couverture des VFMS dans les journaux comme un signe de réduction des violences commises sur les filles - et nous ne devrions pas célébrer non plus une bonne couverture des VFMS, si la couverture est négative (presse à sensation, vocabulaire crue) ». Mais « dans tous les cas, une meilleure visibilité sur la violence faite aux filles ne pourrait être que salutaire à la nécessité d’un meilleur positionnement de la question sur l’agenda politique national ».

« Les résultats obtenus pourront être utilisé à des fins de campagne et de plaidoyer sur les violences faites aux filles, mais aussi comme des arguments de collecte des fonds afin d’assurer la protection, le maintien à l’école et le suivi des victimes de violences » note aussi le rapport.


NDIAGA DIOUF

Mardi 1 Juin 2010 - 19:39



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