Législatives 2017 : L'histoire secrète qui a conduit à la rupture du dialogue entre l'opposition et Macky Sall

Le président, Comité de Veille et de Suivi de la Mission d'audit du fichier électoral (MAFE) au Sénégal a révélé à Pressafrik, en marge de l'atelier de préparation des Assises de la société civile sénégalaise, ce qui a conduit à rompre les négociations entamées entre l'opposition et le pouvoir, sur les trois points essentiels concernant les élections législatives.



 Le responsable de la société civile sénégalaise, Abdou Mazid Ndiaye avait pris son bâton de pèlerin pour rassembler autour d'une même table, les principaux responsables de l'opposition et le président de la République Macky Sall afin de trouver un consensus pour le bon déroulement des élections législatives. Mais selon le président du Comité de Veille et de Suivi de la Mission d'audit du fichier électoral (MAFE), tout est tombé à l'eau le jour où l'ancien président Abdoulaye Wade est revenu au Sénégal.

"Nous avons essayé une facilitation de rencontre entre l'opposition et le Gouvernement. On a discuté, avec l'opposition, des points qui méritaient d'être discutés avant les élections pour éviter des problèmes. Et on les a listés. Il s'agit de la loi qui autorisait l'électeur à choisir 5 bulletins (au lieu de 47), du nombre de cartes d'électeur qui n'étaient pas encore confectionnées et des cartes qui n'étaient pas encore retirées. C'était trop nombreux et il fallait trouver une solution à ça. Il y avait aussi le problème de l'hivernage (Ndlr : au cas où il se mettrait à pleuvoir le jour du scrutin)", commence par préciser le médiateur.

"C'est ainsi que nous avons été rencontrés le président de la République, qui nous a rencontrés très tard et qui a accepté de rencontrer l'opposition, après qu'on lui a souligné les points sur lesquels on aimerait, nous société civile que les deux camps se rencontrent et discutent", poursuit-il avant de révéler :  "le président a donné son accord, c'était un dimanche. Le lundi on rencontré l'opposition, c'est le lundi où Wade est arrivé. Ils ont dit qu'ils ne voulaient plus voir le président. Donc ça s'est bloqué là", informe Mazid Ndiaye à Pressafrik.

Et pourtant, le responsable de la société civile affirme que les leaders de l'opposition avaient bel et bien donné leur accord pour discuter avec le chef de l'Etat. "On a fait l'ordre du jour ensemble. Mais au dernier moment ils ont dit non. On a même dit au président que la loi (sur le choix des 5 bulletins) était le premier point de l'ordre du jour et elle a été malheureusement déjà votée, il a répondu : 'Mais je ne l'ai pas encore promulguée et d'ici mercredi, je ne suis pas obligé de le faire'. Le ministre de l'Intérieur lui a d'ailleurs rappelé que l'opposition avait fait un recours qui est suspensif, donc il y a du temps pour changer la loi sur les listes (...). C'était le dimanche où le président (Macky Sall) est revenu du sommet de l'union européenne", dit-il
 

AYOBA FAYE

Mardi 1 Août 2017 - 13:58



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter