Les Nigériens en colère face aux délestages électriques

La ville de Niamey est de nouveau partiellement alimentée en électricité, grâce à une déviation de la ligne endommagée. Mais l'heure est aux délestages, et la colère commence à se faire sérieusement entendre, chez les particuliers comme dans les entreprises. Depuis le 24 mai, la capitale nigérienne était privée d'électricité. Un orage a arraché trois pylônes de la ligne en provenance du Nigeria qui fournit la ville en courant. A cela s’est ajoutée la panne simultanée des deux systèmes de secours qui contribuent à l'alimentation de la ville.



Un aperçu des installations de l’usine de la Nigelec (Société Nigérienne d’électricité) à Goudel. Ici, des citernes de Gazoil et de Fuel.
Un aperçu des installations de l’usine de la Nigelec (Société Nigérienne d’électricité) à Goudel. Ici, des citernes de Gazoil et de Fuel.
Pendant plus de trois semaines, tous ceux qui n'avaient pas de groupe électrogène ou de quoi l'alimenter en carburant ont vécu un cauchemar. Plus de lumière, plus de climatisation, plus de réfrigérateur.
Mais les habitants de Niamey continuent à recevoir leurs factures de la Nigelec, la compagnie d'électricité. Des factures qui, selon Moussa Tchangari de l'organisation Alternatives espaces citoyens, ne reflètent d'ailleurs pas la réalité de la consommation. « Si votre consommation est de 10 000 (watts), mais qu'on vous amène 15 000 ou 20 000, vous allez quand même payer les 20 000. Et dès que vous ne payez pas, immédiatement, on vous coupe ».
Les entreprises ont subi cette coupure de courant géante de plein fouet. Et celles qui pouvaient compter sur leur groupe électrogène tout ce temps ont dû se passer de leurs petits fournisseurs ou sous-traitants. Adolphe Sagbo, de la Fédération des organisations patronales du Niger, entend bien lui aussi présenter la facture à la Nigelec : « Nous avons les banquiers qui sont là, qu’il faut rembourser. La Nigelec doit pouvoir répondre. Elle va rembourser. Elle sera obligée. S’ils ne vont pas dans le sens qu’on veut, on ira en justice. Ça, c’est sûr ! »
Une menace qui n'inquiète pas l'administrateur de la Nigelec. « Nous avons toutes les polices d'assurance qu'il faut », déclare Halid Alassane, qui indique que chacun doit avoir un groupe de secours. D'après lui, cette panne reste exceptionnelle. « C’est une situation inédite. Mais c’est un cas de force majeure en réalité. Même New York a enregistré une panne d’électricité l’année passée suite au cyclone. En France, quand il y a des inondations, il y a des pannes d’électricité », plaide Halid Alassane. La Nigelec prévoit un retour à une situation complètement normale d’ici un mois.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Vendredi 21 Juin 2013 - 11:05



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