Les Tunisiens en colère après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd

Vive émotion en Tunisie après l'assassinat d'un opposant ce matin, mercredi 6 février. Chokri Belaïd, secrétaire général du parti des Patriotes démocrates, a été touché par plusieurs balles en sortant de chez lui. Ses proches dénoncent un climat délétère alimenté par Ennahda, le parti islamiste au pouvoir. Et dans la rue, les protestations se multiplient pour dénoncer ce crime odieux.



Les Tunisiens en colère après l'assassinat de l'opposant Chokri Belaïd
Ils sont descendus par milliers devant le ministère de l'Intérieur ce mercredi matin, avenue Bourguiba, en scandant : « Dégage ! Dégage ! », le slogan qui avait conduit à la chute de Ben Ali il y a deux ans. Mais en début d'après-midi, les forces de l'ordre - qui auraient reçu des débris de bouteille - ont décidé de mettre fin à la manifestation à coup de gaz lacrymogènes. La célèbre avenue Bourguiba s'est vidée, mais en milieu d'après-midi, les affrontements entre policiers et manifestants se poursuivaient toujours.

La foule a aussi convergé très vite vers l'hôpital où reposait la dépouille de l'opposant. Puis les Tunisiens ont accompagné l'ambulance qui transportait le corps en centre-ville. La colère gronde aussi dans le centre du pays, dans le bassin minier.
Plusieurs locaux du parti islamiste au pouvoir ont été incendiés.

L'émotion a même gagné Paris, où des Tunisiens font le siège de l'ambassade depuis ce matin et demandent que le drapeau soit mis en berne. Comme beaucoup, ces opposants exigent la dissolution des ligues de défense de la Révolution. Ces comités sont accusés d'être soutenus par le parti islamiste Ennahda au pouvoir, et soupçonnés d'être responsables des dernières violences dirigées contre des réunions publiques de partis politiques. Le parti de Chokri Belaïd avait notamment été visé au Kef, dans le nord-ouest tunisien, dimanche.

pointé du doigt

Pour le frère du défunt, il n'y a aucun doute : c'est le chef d'Ennahda, dit-il, qui est derrière cet assassinat. D'autres opposants pointent aussi du doigt le parti islamiste, perçu comme responsable du climat de violence qui règne depuis des mois en Tunisie.
Rached Ghannouchi, président d'Ennahda, a rejeté les accusations portées à son égard et contre son parti. Il les a qualifiées de « règlements de compte », mais dénonce un crime odieux et un acte lâche visant à déstabiliser le pays.

Le président Moncef Marzouki, qui se trouve à Strasbourg au Parlement européen, a décidé d'écourter son déplacement et de rentrer en Tunisie. Moncef Marzouki annule également son déplacement prévu au Caire demain jeudi. Moncef Marzouki a appellé à la retenue et à la sagesse.

Appel à la grève générale

Après la mort de Chokri Belaïd, quatre partis de l’opposition ont lancé un appel à la grève générale, jeudi, et à la suspension de leur participation à l’Assemblée nationale constituante (ANC). Ces décisions ont été adoptées suite à une réunion de concertation entre les quatre formations de l’opposition : le Front populaire (parti de gauche), le Parti républicain, Al Massar et Nidaa Tounes (centre).

les déclarations les déclarations de Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire – coalition dont Belaïd était un des dirigeants – l’opposition a décidé d’appeler à une grève générale « pour les funérailles de Chrokri Belaïd ».



Rfi.fr

Mercredi 6 Février 2013 - 17:33


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