Les chantiers de Christine Lagarde au sein du FMI

La ministre française de l’Economie a été désignée, mardi 28 juin 2011, à la tête du Fonds monétaire international (FMI), en remplacement de Dominique Strauss-Kahn. Christine Lagarde prend les rênes d’une organisation internationale à un moment délicat pour l’institution qui a en charge plusieurs dossiers brûlants : la dette grecque et la réforme du système monétaire international.



Le premier dossier du nouveau patron du FMI sera la dette grecque. L’institution financière internationale s’est largement impliquée dans le plan de sauvetage de la Grèce aux côté de la Banque centrale européenne et de l’Union européenne.
Un an après son appel à l’aide, le pays est loin d’être sorti d’affaire. Le FMI doit donner son feu vert au versement de la cinquième tranche d’aide (12 milliards d’euros) du plan de sauvetage de 110 milliards d’euros et un deuxième plan de sauvetage de la Grèce qui semble désormais acquis.

Une bonne part de la crédibilité du FMI se joue à Athènes. Le nouveau directeur général devra prouver aux Etats-membres, dont les ressources ont été engagées, que le pays peut sortir de la crise budgétaire où il est enfoncé. La Grèce n’est pas un cas isolé. D’autres pays de la zone euro, l’Irlande et le Portugal, se sont résignés ces derniers mois à accepter l’aide du FMI

Tensions sur les taux de change

La crainte d’une contagion de la crise grecque au reste de la zone euro inquiète tout le monde jusqu’aux Etats-Unis qui ont déjà affronté la crise des subprimes. Pour y remédier et mesurer les impacts transfrontaliers de la politique économique menée dans les cinq plus grandes économies du monde (Chine, Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni et zone euro), le FMI publie en juillet une série très attendue de rapports sur les risques de contagion. Il reviendra au nouveau directeur général de défendre leur crédibilité.

Autre dossier qui attend le nouveau patron du FMI : la réforme du système monétaire international. L’institution doit réviser à l’automne son cadre de surveillance des taux de change. Malgré la double pression des Etats-Unis et de l’Europe, la Chine veut aller à son rythme dans la réévaluation du yuan, et procéder de manière progressive, plutôt que par une thérapie de choc.

Le refus de l’Egypte

Le nouveau directeur du FMI arrive également à la tête d’une institution en pleine crise de légitimité. Depuis quelques années, le FMI fait face à une vague de mécontentement grandissante de plusieurs pays émergents dont la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie. Pour prendre en compte le nouveau poids des émergents dans l’économie mondiale, une réforme du droit de vote a été mise en œuvre à l’automne 2010. Les pays européens détiennent actuellement quelque 30% du pouvoir électoral au FMI tandis que les Etats-Unis ont presque 17%. Les pays asiatiques possèdent pour leur part environ 20%, le reste étant détenu par les autres pays.

Les pays émergents ne sont pas les seuls à contester le FMI. L’image de l’institution est également désastreuse dans les pays en développement. L’Egypte a ainsi renoncé aux aides du FMI et de la banque mondiale, soit un prêt de 3 milliards de dollars sur 12 mois au taux d’intérêt attractif de 1,5% . Le gouvernement de transition dit préférer les prêts et les dons de l’Arabie saoudite et du Qatar. Ce n’est pas la première fois que des pays endettés refusent des aides du FMI. Comme l’Egypte, l’Argentine, l’Indonésie ou encore la Malaisie, à la fin des années 90, au moment de la crise financière asiatique.

Source RFI


Mardi 28 Juin 2011 - 21:16



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