Les dettes de Dubai font trembler le monde

Les marchés financiers ont été frappés de plein fouet hier par l’annonce par Dubaï de l’impossibilité d’une de ses sociétés de rembourser des dettes à temps. Un événement qui réveille les inquiétudes des investisseurs, alors que la dette de l’Emirat s’élève à 80 milliards de dollars.



Les dettes de Dubai font trembler le monde
Panique sur les marchés financiers. Au lendemain de l’annonce par Dubaï d’un délai supplémentaire pour rembourser ses dettes, les marchés financiers autour du monde ont tous fait part de leurs inquiétudes. En cause, le conglomérat Dubaï World, véritable géant financier local, et sa filiale immobilière Nakheel.

A l’origine de ce problème, la mise sur le marché des dettes de l’émirat. « Le marché s’était habitué à l’idée de la dette de Dubaï et s’attendait à un règlement de la dette de Nakheel en décembre 2009 », a déclaré Monica Malik, économiste de la banque EFG-Hermes. « Les obligations de Dubaï pour 2010-2011 sont déjà importantes », a-t-elle souligné. Dubaï devrait régler 13 milliards de dollars de dettes en 2010 et 19,5 milliards en 2011. Du coup, les banques de la planète voyaient ces dettes comme un investissement stable et garanti.

« Dubaï World a l’intention de demander à ceux qui participent à ses créanciers et à ceux de Nakheel de repousser au 30 mai 2010 au moins le règlement des dettes arrivées à maturité », a indiqué dans un communiqué le Fonds de soutien financier de Dubaï, organisme chargé de gérer les retombées de la crise sur l’économie de l’émirat. Nakheel se devait de régler en décembre quelque 3,5 milliards de dettes, sous forme d’obligations islamiques.
La réponse ne s’est pas fait attendre. Les agences de notation ont immédiatement rétrogradé les notes de plusieurs entreprises de l’émirat. Pour Moody’s, « un rééchelonnement de la dette indiquerait que le gouvernement se prépare à permettre à une firme qui lui est liée de ne pas honorer ses obligations. Moody’s a toujours indiqué que la manière avec laquelle le gouvernement traiterait les dettes de Nakheel constituerait un test crucial pour Dubaï ».
Un coup dur pour les Bourses de la planète

L’autre grande agence de notation, Standard and Poor’s, a, elle, estimé que cette décision « représente l’échec du gouvernement de Dubaï à apporter un soutien financier opportun » à une entreprise de premier plan.

Les conséquences se sont fait sentir sur toutes les places financières. Rien qu’en Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 3,41 %, celle de Francfort de 3,25 %, et celle de Londres de 3,18 %. Les obligations islamiques se sont effondrées, perdant 15 % dans la journée. Comme au début de la crise financière, chacun se demande qui détient les titres de créances de Dubaï, d’autant que les montants sont très élevés : la dette totale de Dubaï était estimée à 80 milliards de dollars en 2008, dont 70 milliards de dollars à la charge des compagnies publiques. Dubaï World accapare à lui seul 59 milliards de dollars. En Europe, les analystes estiment que les banques pourraient en détenir entre 13 et 26 milliards.

France Soir

Mame Coumba Diop

Vendredi 27 Novembre 2009 - 05:51



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