Les différents scénarios pour le FC Barcelone après l’affaire Messi

La terre a tremblé mardi en Catalogne. Les nouvelles des quotidiens étalant en une la brouille entre Lionel Messi et son entraîneur Luis Enrique font craindre le pire : un départ de l’icône du Camp Nou. A l’heure où le Barca vit une des crises institutionnelles – pas dans les résultats – les plus graves de son histoire récente, voici les différents scénarii auxquels le club pourrait être confronté, alors qu’il va disputer son 8e de finale aller de Coupe du Roi contre Elche.



Lionel Messi s’en va Il en aura fallu très peu pour mettre le feu aux poudres – un statut de remplaçant contre la Real Sociedad, des abonnements aux comptes de Chelsea et de Manchester City sur Instagram et une explication musclée avec Luis Enrique – pour que les spéculations sur l’avenir de Lionel Messi repartent de plus belle. Voir l’Argentin quitter la Catalogne était il y a quelques années impensable. Mais au fil des déclarations, notamment cet automne au journal argentin Olé  ("Je vis au jour le jour. Je pense à faire une grande saison et à gagner les titres que nous voulons à Barcelone. Rien de plus. On verra ensuite. Il se passe beaucoup de choses en football... J’ai toujours dit que j’aimerais rester à jamais là-bas, mais parfois tout ne se passe pas forcément comme on veut"), cette hypothèse n’est plus aussi farfelue qu’elle n’y paraît.
Aujourd’hui, se payer Lionel Messi a un prix précis : sa clause libératoire est de 250 millions d’euros. Selon une récente étude, le joueur, qui est le plus cher du monde, vaut 220 millions d’euros. Une somme astronomique que peu de clubs peuvent se permettre de dépenser. Surtout à l’heure où le fairplay financier veille au moindre écart. Toutefois, si Chelsea, Manchester City, Manchester United, le Bayern, le PSG voire même – soyons fous – le Real Madrid, les seuls clubs à pouvoir se payer l’Argentin, passaient à l’offensive et que le Barca et Messi étaient réceptifs, le changement serait énorme. Déjà car l'institution Barca prouverait à nouveau que le club est plus important qu'un joueur, même si celui-ci s'appelle Messi. Ronaldinho l'avait oublié et Guardiola avait eu sa "tête". "Pep" avait fait place nette pour Leo et en a fait le joueur qu'on connaît. Un monstre qui prend beaucoup (trop?) de place. Pour le "mes que un club", l’après-Messi serait évidemment incarné par Neymar. Le Brésilien, à qui il a fallu une saison d’adaptation, deviendrait le patron de l’équipe. A 22 ans, il serait celui autour de qui il faudrait reconstruire. Il est déjà le présent du Barca. Un départ de Messi et il en serait plus que jamais le futur. Dernière chose, si Messi venait à partir, l’argent amassé ne pourrait pas servir tout de suite puisque le Barca est interdit de recrutement jusqu’en janvier 2016.

Luis Enrique s’en va

L'entraîneur du FC Barcelone Luis Enrique (AFP - LLUIS GENE)
Mardi, la presse catalane se faisait l’écho d’un ultimatum adressé à Luis Enrique. En cas de mauvais résultat ce jeudi face à Elche en Coupe du Roi et dimanche contre l’Atletico Madrid, Luis Enrique rejoindrait Andoni Zubizarreta, licencié cette semaine. Une rumeur que le coach catalan a balayé d’un revers de la main ce mercredi, la veille de ce 8e de finale aller si important. Pour la confiance du club, mais aussi pour la crédibilité de son entraîneur, qui est sur la sellette. Dans le plus mauvais des scénarios, si le Barca devait perdre ces deux matches et que les joueurs donnaient l’impression de  "lâcher" leur entraîneur, Enrique pourrait prendre la porte sept mois après son arrivée.
Un départ qui confirmerait un peu plus l’impossible succession qu’a entraîné Pep Guardiola en partant en 2012 après quatre ans de succès et la pratique d’un football flamboyant. Tito Vilanova, Tata Martino et donc Luis Enrique, tous les trois auront échoué. Pas pour les mêmes raisons – c’est la maladie qui a arrêté Vilanova –, mais le constat d’échec serait là, implacable. Un départ d’Enrique ne réglerait rien sur le fond. Il apaiserait peut-être le vestiaire, où Xavi aurait fait le lien entre son entraîneur et Messi ces derniers jours, mais rien ne dit que le Barca retrouverait sa superbe avec un autre.

Messi et Enrique cohabitent

C’est encore aujourd’hui l’hypothèse la plus probable. On l’a vu, un départ de Messi semble irréalisable. Au moins dans l’immédiat. Celui de Luis Enrique est déjà plus plausible mais, hormis obtenir la satisfaction de Lionel Messi – ce qui est quand même primordial en Catalogne où l’Argentin est consulté avant chaque décision importante – il n’offrirait pas forcément un meilleur avenir. Déjà car les solutions satisfaisantes pour le remplacer sont rares (Koeman, Laudrup…) et aussi car l’équipe de Luis Enrique, même si la qualité de jeu n’est pas forcément au rendez-vous, reste dans la course dans les trois compétitions. Pour l’instant.
Luis Enrique connaît également parfaitement la maison et avait une vision à long terme en arrivant sur le banc catalan. Le repositionnement de Messi plus dans le cœur du jeu pour alimenter les flèches Suarez et Neymar en fait partie. Ses déclarations mercredi avaient pour but d’éteindre l’incendie. Il peut aussi compter sur Xavi, son ancien coéquipier, qui est intervenu pour que l’entraîneur ne sanctionne pas plus durement Messi et ne creuse un gouffre impossible à combler. L’emblématique capitaine pourrait jouer un rôle important dans les prochaines semaines, celui de tampon entre les deux hommes. Dans ce cas-là, un point serait fait en fin de saison où se profilent de nouvelles élections.

La direction du club s’en va

C’est la dernière réplique du tremblement de terre qui a secoué la Catalogne cette semaine. Mercredi en fin de journée, Josep Maria Bartomeu a annoncé que des élections anticipées se tiendraient à la fin de la saison. Initialement prévues en 2016, elles ont été avancées par Bartomeu pour "réduire la tension dont pâtit le club". En succédant à Sandro Rosell il y a un an, Bartomeu avait prévu d’aller jusqu’au bout du contrat du Brésilien. Mais la situation et les différents scandales qui ont touché la hiérarchie l’a obligé à réagir : d’abord les révélations sur les fraudes lors du transfert de Neymar qui ont conduit au départ de Rosell, l’affaire Messi avec le Fisc dans laquelle l’Argentin ne s’est pas senti soutenu, puis l’interdiction de recrutement de la Fifa.
Ce dernier coup de théâtre a conduit à l’éviction du directeur sportif Zubizarreta. Homme de base de Rosell et de Bartomeu, critiqué pour ses choix en matière de transfert (Song, Vermalaen, Mathieu), son départ pourrait montrer la voie à l’actuel président. Celui qui s’est assis dans le fauteuil du patron, sans être élu par les socios, concentre les critiques. Son élection en juin 2015 semble compliquée, surtout si le Barca ne gagne rien comme l’an dernier. Pour le remplacer, un nom revient régulièrement : celui de Joan Laporta, catalan convaincu, l’homme qui a relancé le Barca à lui tout seul en 2003 en faisant signer Ronaldinho. Laporta, qui a raté sa reconversion dans la politique, ne voudra pas manquer son éventuel retour au Barca. Et pour ça, il devrait s’appuyer sur Messi. L’homme qui fait la pluie et le beau temps en Catalogne.

FRANCE SPORT TV

Jeudi 8 Janvier 2015 - 16:48



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