Les fonctionnaires de la bande de Gaza attendent le versement de leur salaire

Leur versement, le mois dernier, avait déclenché d’importantes manifestations. En avril, les salaires des fonctionnaires de l’Autorité palestinienne dans la bande de Gaza ont été amputés de 30 %. L’exécutif, basé en Cisjordanie, évoquait une mesure temporaire liée à une baisse des aides internationales perçues mais beaucoup y voient un nouvel épisode du bras de fer qui oppose les deux principaux partis palestiniens : le Fatah et le Hamas. Plus de 60 000 personnes sont concernées et attendent avec impatience leur salaire du mois de mai. Une attente aussi teintée d’angoisse, car le versement se fait attendre.



Les fonctionnaires de la bande de Gaza attendent le versement de leur salaire
Depuis 8 heures du matin, Abu Ahmad et des dizaines de fonctionnaires de l’Autorité palestinienne se tiennent devant une agence de la banque de Palestine. « J’attends de pouvoir retirer mon salaire pour pouvoir acheter de quoi manger pour ma femme et mes enfants. »

Habituellement, les salaires sont versés en début de mois. Cette fois-ci, ils ont plus d’une semaine de retard. Et c’est une source d’angoisse pour lui qui, en avril, n’a touché que 85 euros.

« S’ils coupent encore nos salaires de 30 %, j’aurai la même somme qu’en avril. Mais s’ils coupent plus, je n’aurai plus rien pour mes enfants. Et des rumeurs parlent cette fois-ci de coupes de 30 à 60 %. »
Quand le Hamas a pris le pouvoir dans la bande de Gaza il y a dix ans, Abu Ahmad a reçu pour instruction de ne plus se rendre au bureau. Aujourd’hui, il a le sentiment d’être pris au piège d’une nouvelle bataille entre le mouvement islamiste et le Fatah du président Mahmoud Abbas.

« Bien sûr que je suis en colère contre cette coupe décidée par l’Autorité palestinienne. Ils ne font pas de mal au Hamas, ni à ses membres ni à ses dirigeants. Ce sont nos familles qui souffrent. » Après huit heures d’attente, Abu Ahmad finit par renoncer. Les salaires n’ont toujours pas été versés : il reviendra ce mercredi.

RFI

Ousmane Demba Kane

Mercredi 10 Mai 2017 - 09:18



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