Les grandes lignes de la nouvelle politique étrangère d'Egypte

Le nouveau chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Fahmy, a dressé samedi 20 juillet les grandes lignes de la politique étrangère de son pays. Une Egypte qui veut clairement revenir sur l’échiquier diplomatique international et régional.



Le nouveau chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Fahmy, le samedi 20 juillet, dresse les grandes lignes de la politique étrangère de son pays. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Le nouveau chef de la diplomatie égyptienne, Nabil Fahmy, le samedi 20 juillet, dresse les grandes lignes de la politique étrangère de son pays. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany
Une priorité : la question palestinienne. Le Caire veut redevenir un médiateur dans les négociations de paix entre l’Autorité palestinienne et Israël, ainsi que dans les discussions pour la réconciliation entre le Fatah et le Hamas.
La Syrie est aussi une priorité avec l’accent qui sera mis sur la difficile recherche d’une solution politique. Un rôle qui nécessitera la restauration des relations diplomatiques que le président Morsi avait récemment rompues avec la Syrie.
L’Egypte veut aussi agir au niveau international pour améliorer l’image de tolérance de l’islam face à l’extrémisme. Les Affaires étrangères veulent enfin jouer un rôle dans la relance de l’économie égyptienne, par le biais de l’encouragement des investissements étrangers et du tourisme.
Priorité des priorités : le Nil
L’Egypte agira pour sécuriser l’apport en eau par le biais de solutions consensuelles avec les pays du bassin du Nil. Le Caire est préoccupé par la construction d’un barrage en Ethiopie qui pourrait affecter le début du Nil Bleu, qui fournit 85% des eaux parvenant à l’Egypte.
« Nous affirmons notre volonté de défendre la sécurité de l’Egypte en matière d’approvisionnement en eau et cela en fonction des droits historiques de notre pays sur l’eau du Nil », a déclaré le chef de la diplomatie égyptienne Nabil Fahmy.
Et de continuer : « Nous réitérons également notre respect des intérêts des autres pays du bassin du Nil. Notre objectif est de trouver des solutions qui respectent les intérêts de tous, et à ce titre, je salue l’action de mon prédécesseur à ce poste, Mohamed Amer, qui lors de sa visite en Ethiopie et au Soudan, avait conclu un accord stipulant la création de comités au niveau ministériel. Et, malheureusement jusqu’à aujourd’hui, aucune réunion n’a eu lieu. J’appelle donc à une réunion rapide et urgente de ces comités. »

L'AFFAIRE DU BARRAGE VUE D'ETHIOPIE
Le barrage de la Renaissance, vieille controverse entre Le Caire et Addis-Abeba
Peu importe l’équipe au pouvoir en Egypte, la controverse avec l’Ethiopie au sujet du barrage de la Renaissance, construit sur le Nil Bleu, risque de se poursuivre encore quelques années.
Comme il y a quelques semaines, lorsqu’une réunion filmée entre Mohamed Morsi et des partis islamistes avait allumé le feu entre l’Egypte et l’Ethiopie, Addis-Abeba ne veut pas souffler sur les braises ravivées par le nouveau ministre des Affaires étrangères Nabil Fahmy.
Addis-Abeba sait que la construction de son grand barrage de la Renaissance suscite des inquiétudes en aval, et son message ne varie pas. Avec son potentiel de 6 mégawatts d’énergie hydroélectrique, ce projet sera profitable à toute la région, voire à tout le continent.
Interrogé par RFI, un porte-parole éthiopien a ainsi botté en touche concernant la lenteur des discussions avec les pays voisins, et le retard dans la création de comités interministériels. « Je crois que l’Egypte a actuellement d’autres problèmes à régler », a répondu le diplomate.
Lors de la dernière rencontre de haut niveau, les ministres des Affaires étrangères des deux pays avaient fait baisser la tension, prononçant même une déclaration commune pleine de bons sentiments.
Source: RFI



Dimanche 21 Juillet 2013 - 12:52



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