Les hubs technologiques de startups innovantes se multiplient en Afrique

Service en ligne, e-commerce, économie de partage, marketing digital, technologies vertes … Les entreprises innovantes fleurissent en Afrique, au sein de nouveaux hubs technologiques. C’est la conclusion d’un rapport du cabinet d’étude GSMA Intelligence. Il y en aurait 314, contre à peine 120 l’an dernier. Les «hubtech», où se lancent et se côtoient les start-up de demain, sont donc en pleine explosion sur le continent. Ils sont très récents, quatre ans de moyenne. Mais mal répartis sur le continent.



Cinq pays africains se partagent la moitié des hubs comptabilisés par GSMA Intelligence : l’Egypte, le Kenya, le Maroc, le Nigeria. Et l’Afrique du Sud, qui en compte 54 à elle seule. Derrière, le Ghana, l’Ouganda, la Tunisie et le Sénégal tirent leur épingle du jeu.
 
Les autres pays, de l’Algérie à Madagascar, en comptent moins de cinq chacun. Car la naissance de ces hubs technologiques est d’abord liée à la qualité des réseaux téléphoniques, à ceux de l’Internet câblé ou via Wi-Fi. Indispensable pour les start-up du digital qui se lancent et se développent dans ces hubs.
 
Sur ce point, les opérateurs mobiles ont bien compris l'intérêt d'investir. A l'image du Français Orange ou du Sud-africain MTN.  Le premier a lancé un incubateur à Niamey, au Niger. Et le deuxième a implanté deux espaces de co-working, à Buea et Douala, sur la côte camerounaise.
 
Le mobile, outil indispensable pour les nouveaux entrepreneurs. C'est en Afrique centrale que le cabinet GSMA compte le moins de hubs. Des pays qui comptent seulement un tiers d'abonnés aux réseaux mobiles.
 
■ L'exemple égyptien
 
En Egypte, une première vague de startup étroitement liées aux nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) a été créée au lendemain de la révolution. Une nouvelle dynamique semble se dessiner notamment grâce au développement des hubtech, ces pépinières d'entreprises naissantes. Il y en a une quinzaine au Caire.
 
L’un des hubtech les plus connus se trouvent sur le vieux campus de l’université américaine, à deux pas de la place Tahrir. Dans une ancienne salle de classe, Mohamed Mansour a installé ses bureaux. Il est le fondateur de Rise-up, une entreprise qui met en contact les investisseurs et les entrepreneurs. Les derniers mois de l’année 2015 se sont soldés par des levées de fonds de plusieurs millions de dollars
 
« Nous avons eu comme ça, deux, trois, quatre investissements massifs. Nous n’étions pas prêts, c’était surprenant pour nous ! Récemment, nous avons surtout vu la création d’entreprises dans le secteur des énergies renouvelable, mais le secteur le plus porteur est celui des téléphones portable et d’internet », analyse Mohamed Mansour.
 
Au Greek campus, on retrouve par exemple le siège de Jobzella, le premier site de recherche d’emploi au Moyen Orient. A quelques kilomètres kilomètres de là se trouvent Bedoya.
 
Ahmed Khalil, créateur d’un robot connecté destiné aux pisciculteurs, explique qu’il n’aurait pas pu s’en sortir sans la structure : « Maintenant en Egypte il y a un écosystème, il y a dix ans c’était un rêve d’avoir un écosystème de connaître des investisseurs ou d’autre entrepreneurs donc c'est mieux mais dans le même temps, la compétition est plus difficile maintenant. »
 
Si l’environnement s’est amélioré pour les startupeurs, la situation économique de l’Egypte et les restrictions de l’armée concernant l’importation de certains composants électroniques freinent le développement des petites entreprises innovantes.
 
■ A Dakar, le CTIC donne le ton
 
Depuis 2011, Dakar accueille le premier incubateur de startups de l’Afrique francophone. Pour accompagner la révolution digitale en Afrique, CTIC sélectionne des projets puis aide à mettre sur pied des entreprises dans le domaine de la technologie de l’information et de la communication, en les faisant aller vers de nouveaux produits et de nouveaux marchés.
 
En cinq ans d’existence, le CTIC de Dakar a créé plus de 200 emplois et a incubé des entreprises devenues depuis des références dans le secteur des TICS. Cherif Ndiaye est le créateur d’ « Ecole au Sénégal ». Incubée au CTIC depuis 2013, cette startup rend les programmes scolaires sénégalais accessibles à n’importe quel élève via un site web. Notamment grâce à des vidéos de cours donnés par des professeurs.
 
« Être incubé au CTIC pour une startup permet d’être dans un écosystème où l’ensemble des entrepreneurs sont des passionnés des technologies de l’information et de la communication. Le second c’est le fait de pouvoir outsourcer la comptabilité, la fiscalité pour permettre à l’entrepreneur de se concentrer sur ce qu’il sait faire. »
 
A Dakar, le CTIC accompagne la croissance d’entreprises dans le secteur des technologies de l’information et de la communication, sous la forme d’un programme sur trois ans. Outre l’accompagnement d’entrepreneurs plus expérimentés, le centre propose un programme court sur 6 mois pour tester un modèle économique et a lancé récemment un programme de promotion des objets connectés.
 
« On a énormément de problématiques liées à notre environnement. Je pense qu’il sera bienvenu d’avoir des vêtements qui pourront donner la qualité de l’air, d’avoir des maisons connectées », explique Eva Sow Ebion, responsable du business développement du CTIC Dakar.
 
CTIC Dakar veut aujourd’hui reproduire son modèle de centre d’incubation, comme elle l’a déjà fait au Niger. L’incubateur d’entreprise mène actuellement des études de faisabilité en Mauritanie, au Gabon et au Togo.


Source: Rfi.fr

Aminata Diouf

Mardi 23 Août 2016 - 10:40



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