Les inondations au Sénégal : Pour résoudre un problème, faut-il d'abord rechercher les causes ou les solutions ?



Modou FALL
Modou FALL
« Les inondations urbaines constituent un frein majeur pour le développement, et mettent en danger les populations, notamment les résidents des villes en rapide expansion des pays en développement. » Abhas K. Jha et Al

Le Sénégal, pays en voie de développement,   est confronté à ce problème au même titre que beaucoup d’autres pays d’Afrique et du monde entier. Notre pays est donc dans cette situation de recherche de solutions  pour résoudre cette équation à plusieurs variables.

Les inondations causent dans le monde entier des ravages, des dégâts économiques et des pertes de vies humaines. (9 morts déjà à Djeddah-Thiaroye-Kao).Elles sont les catastrophes naturelles les plus fréquentes. Pour la seule année 2010, 178 millions de gens ont été victimes d’inondations. Dans les années exceptionnelles telles que 1998 et 2010, les pertes totales dépassent les 40 milliards de dollars.
 
Les inondations frappent les agglomérations urbaines en tous genres : petits villages, communautés rurales, ainsi que les villes et les zones métropolitaines telles que New York, Karachi, Bamako et Bangkok, qui ont toutes connu des inondations récentes. Selon les projections, 75 agglomérations de plus de cinq millions d’habitants pourraient être touchées en 2030.
 
Pourquoi les inondations demeurent toujours un problème ?

On dit souvent qu’il y a un problème lorsqu'on constate qu'une situation est non satisfaisante, qu'il existe un décalage entre la réalité et ce qui est attendu. Ce qui nous permet de dire qu’au Sénégal, il n’y a pas encore de solutions pour le problème des inondations. Les pluies de ces derniers jours illustrent bien ces propos. Pour exemple Thiaroye sur mer, Amo4, Djeddah-Thiaroye-Kao, Béne Barack et Yeumbeul Nord pour ne citer que ces localités, sont toujours sous les eaux.

On dit aussi qu’un problème bien posé est déjà à moitié résolu. Nous voulons d’abord poser le problème par la recherche des causes. Ainsi cinq causes majeures sont proposées sur cette contribution.

Cause 1 : Affectation des terres
 
Une urbanisation mal planifiée ou maîtrisée peut en outre aggraver les risques d’inondation en raison de changements inadaptés d’affectation des terres. À mesure que les villes se densifient et s’étalent pour accueillir toujours plus d’habitants, leur expansion donne souvent lieu à un développement anarchique des plaines inondables, à l’intérieur des terres comme sur le littoral, ainsi que dans les autres zones inondables.
 
Cause 2 : la pauvreté, le surpeuplement et la densité démographique croissants
 
Dans nos pays, la croissance démographique urbaine et l’expansion spatiale des villes (la banlieue) sont caractéristiques des implantations sauvages densément peuplées et miséreuses.
La concentration de pauvres, qui n’ont ni maison, ni infrastructures, ni services dignes de ce nom, accroît le risque d’inondation, et aggrave l’ampleur de leurs impacts sur les populations défavorisées.
 
Cause 3 : Les infrastructures et la mesure des risques
 
Il est établi aussi que : les embouteillages; l’insuffisance, le vieillissement ou le manque d’entretien des réseaux de drainage, d’assainissement et d’évacuation des déchets solides; la baisse des nappes phréatiques résultant de pompages excessifs ; et l’absence de mesures de maîtrise du risque.
 
Cause 4 : le réchauffement du climat
 
L’autre tendance mondiale qui a un retentissement majeur sur le risque d’inondation est le changement climatique. L’évolution climatique amplifie le risque d’inondation existant.
 
Cause 5 : les forts excédents pluviométriques et  les remontées des nappes d’eau souterraine
 
Pour ce qui concerne le Sénégal, Les inondations en zone urbaine sont plus provoquées par de forts excédents pluviométriques, des remontées des nappes d’eau souterraine et des débordements de nappes d’eau artificielles (débordement les bassins de rétention). Elles sont généralement dues à une combinaison de causes complexes qui tiennent à la conjugaison de facteurs météorologiques et hydrologiques extrêmes, telles que des précipitations exceptionnelles. Cependant, elles sont très fréquemment la résultante d’activités humaines.
 
 
En analysant les cinq (5) causes que nous venons énumérer , nous pouvons constater que la pauvreté, le manque d’emploi et la male gouvernance dans les sources de ces causes à l’exception de la cause 5  qui  renvoie plus à la définition principale des inondations : des catastrophes naturelles.  Et encore, pour cette cause, le bon management par la prévision et la gestion des risques, permettrait d’amoindrir les dégâts matériels et humains.
 
                                                            (A suivre les mesures non structurelles et structurelles)
 

Modou FALL

Président du Rassemblement pour la vérité / Degg moo woor


Modou FALL

Dimanche 1 Septembre 2013 - 11:30



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter