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À première vue, il y a tous les ingrédients d'un bon coup d'Etat. L'attaque d'une caserne, des cadavres, un coupable désigné, le capitaine Pansau N'tchama, et un commanditaire, l'ex-Premier ministre en exil au Portugal, Carlos Gomes Junior, présenté par les autorités bissau-guinéennes comme assoiffé de revanche. À y regarder de plus près, beaucoup d'éléments sont troublants.
Les autorités ont relevé la présence de Diolas bissau-guinéens parmi les assaillants. Or, chacun sait à Bissau que les Diolas sont une composante minoritaire mais très influente de l'armée aux côtés des Balantes. Depuis quelques temps, c'est l'amiral Bubo Na Tchuto qui s'appuie sur la composante diolas.
On sait aussi qu'il y a une dizaine de jours, une réunion houleuse s'est tenue entre le chef d'état-major général Antonio Injai, l'amiral Bubo Na Tchuto et le président par intérim, avec, pour objet, la réintégration de Bubo Na Tchuto dans l'armée.
Cette réintégration pose manifestement problème au chef d'état-major général, Antonio Injai. Assiste-t-on à une guerre des chefs entre Injai et Bubo ? C'est l'une des thèses avancées par les spécialistes. Les militaires bissau-guinéens sont passés maître dans l'art de s'affronter à visage masqué.
Les complots, vrais ou faux, servent souvent à régler des comptes. Est-ce une nouvelle fois le cas ? Et si oui, pourquoi la Cédéao présente militairement à Bissau, donne l'impression de rester les bras croisés ?
Source: RFI



Editorial

