Les mesures anticipatives prises par le Sénégal face au déficit pluviométrique



Les mesures anticipatives prises par le Sénégal face au déficit pluviométrique
Plusieurs contributions me sont parvenues face à la situation pluviométrique que le Sénégal vit présentement à l'instar de l'ensemble des pays du Sahel. Cela confirme avec éloquence que les questions agricoles sont par essence des questions nationales. Dieu est et reste le Maître du temps et de l'espace ainsi que de nos destins individuels et collectifs. Mais Il nous a gratifié d'éminents scientifiques, qui s'interrogent sur le futur. Ceux-ci avaient prédit un hivernage difficile dans tous les pays du Sahel. En effet, sur la base des conclusions d’un atelier international tenu en mai 2014 à Bamako, l’hivernage 2014 avait été annoncé « déficitaire à normal » dans les pays du Sahel dont le Sénégal, entre Juin et Août.


Par conséquent depuis mai 2014, tout en continuant de prier pour une inversion des tendances pluviométriques, nous avons travaillé sur cette hypothèse en réfléchissant à une stratégie graduée de réponse. Deux séries d'actions sont à distinguer : la phase de préparation accélérée de la campagne agricole et celle relative à une stratégie agricole adaptée, minimisant les impacts du risque climatique.
Quelles sont les mesures concrètes prises à chaque séquence?


A- Création en amont des conditions d'une bonne campagne agricole
Anticipation sans précédent de la campagne agricole 2014/2015 - Elle s'est traduite par la mise en place accélérée des facteurs de production dès le 13 avril 2014, dans un esprit de principe de précaution. Cette opération a été saluée par l'ensemble des acteurs parce que satisfaisant une doléance constamment posée depuis des décennies. Quadruplement de la part des semences certifiées dans le capital semencier (passant de 6000 T à 24000 T), et en bannissant définitivement le recours à des semences tout venant.
Diminution du prix des semences d'arachide: 140 FCFA/Kg au lieu de 200 FCFA/Kg pour les écrémées et 150 FCFA/Kg au lieu de 200 FCFA/Kg pour les certifiées;


Diminution efficiente du prix des engrais - Le prix du sac par rapport à l'année dernière passe de 6250 FCFA à 6100 FCFA pour le 6-20-10 (engrais arachide). Pour le 15-10-10 (engrais mil) il passe de 7500 FCFA à 7300 FCFA. Pour l'urée il passe de 9000 FCFA à 8100 FCFA. Ces diminutions sont calées pour assurer un impact notable sur le revenu net des exploitants tout en maitrisant le budget de l'Etat; Mise à la disposition du monde rural de matériel agricole - 16800 unités de matériel de culture attelée (semoirs, houes Sine, etc...) réparties au prorata du volume de la production arachidière de chaque zone ont été mises en place sur l'étendue du territoire. Il convient de rappeler que de tels actes n'ont pas été posés depuis 1980, date de la fin du Programme agricole;
 

Transparence et équité dans la distribution des facteurs de production - Des commissions comprenant l'administration territoriale et l'ensemble des acteurs (organisations professionnelles, syndicats de producteurs, groupements féminins, organisations de jeunes...) pour garantir la transparence et l'équité dans la cession des intrants et équipements agricoles ont été instituées dans toutes les régions.
B-Minimisation du risque par les bonnes pratiques et augmentation des revenus par la diversification agricole
Diffusion de bonnes pratiques -  Une note circulaire a été envoyée courant mai à l'ensemble des Directeurs régionaux du Développement rural leur demandant de sensibiliser les producteurs sur : (i) le respect des cartes variétales, (ii) des pratiques culturales favorisant l'économie en eau et la perte de semences, (iii) la diversification agricole, (iv) la nécessité d'éviter l'application d'engrais sur des cultures en situation de stress hydrique qui risque d'induire des brûlures sur la végétation. Je dois relever pour m'en réjouir l'effectivité de l'application des ces mesures sur le terrain constatée par tous lors de la tournée que j'ai effectuée dans les régions de Kaolack (Keur Baka, Ndoffane, Wack Ngouna) et de Kaffrine (Gniby, Ségré Secco) avec les représentants d’organisations professionnelles agricoles, les fournisseurs d’intrants, les populations et la presse;


Programme spécial de mise à disposition  de variétés de niébé très hâtives, permettant de boucler leur cycle dans un délais de 45 à 50 jours dans les zones à risques (nord et centre du bassin arachidier) pour un coût de 2 milliards de F CFA. Cette mesure va générer un revenu de 50 milliards 175 millions de CFA: pour 4000 tonnes de semences distribuées, il est attendu 102 000 tonnes de graines et 375 000 tonnes de fanes.
La mise en place de boutures de manioc qui permettra de gérer la sécurité alimentaire sur une plus longue période au delà de l'hivernage, compte tenu du cycle (18 mois) de cette culture.


Un programme similaire est prévu pour la pastèque sur l'étendue du territoire national.
Il est envisagé le lancement dans le bassin arachidier et au Ferlo du programme Bawnan ou « des pluies provoquées » par l'ANACIM, La constitution de stocks alimentaires pour venir en aide aux populations et au bétail. La Primature est déjà dans cette dynamique. Telles sont les mesures prises par le Gouvernement du Sénégal rn vue de garantir les revenus des ruraux et lutter contre l'insécurité alimentaire face au risque climatique frappant l'ensemble des pays du Sahel 
 
 
Dr Papa Abdoulaye SECK
Ministre de l’Agriculture et de l’Équipement Rural

Pape Moussa BA (stagiaire)

Lundi 4 Août 2014 - 16:05



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