Les nouvelles négociations sur le Soudan du Sud débutent sous tension

A Addis Abeba a démarré jeudi 6 août une nouvelle phase de négociation pour mettre fin à la guerre civile qui ravage le Soudan du Sud. Malgré plusieurs séries de discussions, des cessez-le-feu jamais respectés, et même la signature d’accords, les positions des belligérants restent bien éloignées. Les discussions à venir, une fois de plus considérées comme celles de «la dernière chance», s’appuient sur un document très complet pour mettre en place une transition acceptée par tous. Elles seront en outre suivies de près par la communauté internationale, désormais directement impliquée dans la médiation, et particulièrement par les Etats-Unis.



Le camp du président Salva Kiir a vivement critiqué les méthodes de l'Igad, l'organe de médiation, et rejeté sa proposition d'accord.
Le camp du président Salva Kiir a vivement critiqué les méthodes de l'Igad, l'organe de médiation, et rejeté sa proposition d'accord.

En accusant directement le régime du président Salva Kiir  d’être illégitime, le négociateur de l’opposition, Taban Deng, avait semblé donner le ton des dix jours de négociations à venir. Mais ce n’était rien en comparaison de la charge de Nhyal Deng Nhyal, représentant, lui, le gouvernement de Juba.

Celui-ci a d’abord critiqué ses adversaires, leurs actions militaires et leurs revendications jugées disproportionnées. Mais il a surtout longuement remis en cause les méthodes de l’Igad, l’organe régional en charge de la médiation, et l’ultimatum fixé au 17 août.

Instituant les règles de partage du pouvoir, mais aussi l’organisation de la sécurité au Soudan du Sud, l’accord de compromis proposé  ne le satisfait ainsi pas du tout. Le document de 77 pages est donc rejeté par le camp du président Salva Kiir, qui estime qu’on touche à la souveraineté du pays.

Ces derniers jours, l’implication directe de Barack Obama, qui a encore menacé mercredi de changer de plan si les belligérants s’avéraient incapables de s’entendre, avait pourtant laissé penser que les deux camps pourraient faire chacun les efforts nécessaires.

Mais même si l’Igad a reçu le renfort officiel de la communauté internationale pour assumer une médiation plus solide, il semble que l’on soit encore loin d’un compromis.

Jusqu’à présent, les cérémonies d’ouverture de négociations avaient souvent été le théâtre de belles déclarations d’intention. Cette fois-ci, gouvernement et opposition ont entamé la bagarre avant même le début des discussions.


Rfi

Vendredi 7 Août 2015 - 07:41



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