Les palestiniens changent de stratégie pour faire reconnaître leur Etat

Après cinquante jours et neuf réunions du Comité d’admission, la demande de création d'un État palestinien, discutée ce vendredi au Conseil de sécurité, devrait être rejetée. Les Palestiniens réfléchissent désormais à d'autres pistes.



Les palestiniens changent de stratégie pour faire reconnaître leur Etat
Les dirigeants palestiniens tentent d'ores et déjà de trouver des voies pour sortir de l'impasse redoutée leur demande d'adhésion à l'ONU d'un Etat de Palestine, discutée vendredi au sein du Conseil de sécurité. Le Comité des admissions, un organe du Conseil de sécurité, se réunit vendredi et devrait constater son désaccord sur cette candidature, sans passer au vote. "La direction palestinienne et les Arabes envisagent diverses initiatives, dont celle du président français Nicolas Sarkozy de demander à l'Assemblée générale que l'Etat de Palestine devienne un Etat non membre" de l'ONU, a indiqué à l'AFP Nimr Hammad, conseiller politique de président palestinien Mahmoud Abbas. M. Sarkozy a lancé cette proposition le 21 septembre dans un discours à la tribune des Nations unies. Dans cette hypothèse, les Palestiniens obtiendraient très probablement la majorité nécessaire pour l'élévation de leur statut à l'ONU "d'entité observatrice" à "Etat non membre" observateur. La reconnaissance même d'Etat "non membre" permettrait aux Palestiniens d'adhérer à de nombreuses organisations ou traités internationaux, tels que la Cour pénale internationale (CPI) ou la Quatrième Convention de Genève sur la protection des civils. Après la séance du Comité des admissions, "la direction palestinienne se réunira pour discuter de cette question et se concertera avec le comité de suivi de la Ligue arabe", a précisé M. Hammad. "Il y a beaucoup d'options: à commencer par un retour devant le Conseil de sécurité au moment du changement des membres non permanents (en janvier, NDLR), ou bien aller à l'Assemblée générale, ou encore se tourner vers la Haute Cour de Justice (de La Haye) pour obtenir un avis", a déclaré le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki à la radio officielle Voix de la Palestine. Les responsables palestiniens refusent pour le moment de s'avouer vaincus au Conseil de sécurité, malgré les sérieux doutes sur leur capacité à obtenir les 9 voix sur 15 nécessaires à leur candidature, et la volonté affichée des Etats-Unis d'y opposer leur veto, si nécessaire. "Nous avons présenté une demande d'adhésion de l'Etat de Palestine comme membre à part entière des Nations unies via le Conseil de sécurité et nous resterons au Conseil jusqu'à ce que cet objectif soit atteint", a assuré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat. Après la publication officielle vendredi du rapport du Comité des admissions, divisé sur la question, "commenceront des consultations avec les Arabes et des groupes géopolitiques, notamment le Mouvement des Non-alignés, et le groupe des pays africains", a-t-il néanmoins ajouté. "Nous allons voir ce qui se passe. Demain (vendredi), selon toute vraisemblance il n'y aura pas de vote et nous attendrons de voir", a affirmé pour sa part M. Malki jeudi à l'AFP. "Nous n'envisageons pas d'autre option sauf si nous déterminons que le Conseil de sécurité est fermé (à la candidature palestinienne) et ça n'est pas encore ce que nous disons", a expliqué le ministre. M. Hammad a rappelé que dans tous les cas l'Assemblée générale pouvait renvoyer la demande au Conseil de sécurité pour un nouvel examen. Israël et les Etats-Unis s'opposent à la demande palestinienne, déposée le 23 septembre par M. Abbas, estimant qu'un Etat palestinien ne peut être le résultat que d'un accord de paix israélo-palestinien, inenvisageable à brève échéance en l'absence de négociations depuis plus d'un an. Les dirigeants palestiniens se sont même engagés en octobre dans une introspection encore plus radicale, s'interrogeant publiquement, à l'appel de M. Abbas, sur l'avenir de l'Autorité palestinienne et "l'intérêt de son existence". Une menace à peine voilée qui consacrerait l'échec total du processus de paix.

Source: AFP


Vendredi 11 Novembre 2011 - 16:08



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