Les raisons de l’annulation de la journée nationale commémorant la traite des noirs, l’esclavage et leur abolition



«C’est avec une lourde émotion» que le comité de pilotage de la journée nationale de commémoration de la traite des noirs et de l’esclavage de la Ville de Dakar par le biais de son coordonnateur, confirme «que la troisième édition de ladite journée n’aura pas lieu cette année».

«La singularité du contexte n’a pas permis à la Ville de Dakar, notre partenaire privilégié, de prendre en charge l’organisation de cette journée comme lors des deux premières éditions. Nos premières pensées vont naturellement vers les victimes et les résistants contre ce crime contre l’humanité et leurs descendants qui subissent une seconde peine avec l’annulation de cette journée nationale du 27 avril, qui a fait l’objet d’une loi adoptée par le parlement sénégalais depuis 2010 et qui constitue un abri de conscience et de transmission des leçons de cette histoire», précise Karfa Sira Diallo, Directeur de Mémoires et Partages.

Regrettant «le manque d’implication des autorités nationales et les complexités de la gouvernance locale, à l’heure où le débat sur la nature de la colonisation et ses conséquences fait rage dans le monde», il indique que «l’annulation de la journée nationale de commémoration d’un crime contre l’humanité, tel que la traite des noirs, est une véritable faillite morale et politique tant l’Afrique et ses dirigeants tardent à saisir l’importance de ce devoir de mémoire».
 
«Dans la nuit des dénis et des oublis, les Etats africains, qui ne veulent plus se souvenir de ce phénomène global de transformation du monde qu'ont été la traite des noirs, l'esclavage, les souffrances qu'ils ont coûtées, mais aussi les résistances et les créativités qu’ils ont inventées parce qu'ils craignent d’en assumer la conscience, affermissent ainsi la pensée et les politiques racistes et néocolonialistes qui continuent de s’abattre sur le continent et ses descendants de par le monde. Au Sénégal, l’importance et la valeur de ce travail de mémoire tardent à être pris au sérieux par l’Etat qui est malheureusement totalement absent du rendez-vous de la mémoire auquel sa législation lui fait obligation pourtant depuis 2010», soutient-il en soulignant «l’engagement exemplaire de tous (leurs) partenaires, en premier lieu la Ville de Dakar. Première capitale du continent à célébrer le combat pour la liberté des africains, la Ville de Dakar, consciente de sa place dans l’histoire de la mondialisation, s’est mobilisée pour la bonne réussite d’un avènement qui réactualise le combat pour les droits humains». 


Mercredi 26 Avril 2017 - 19:27



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