Les séparatistes lancent l’offensive sur l’Ukraine orientale

La situation dans l’est de l’Ukraine est extrêmement tendue. Samedi, des séparatistes ont lancé des offensives dans plusieurs villes, prenant le contrôle de Slaviansk et attaquant des bâtiments officiels à Donetsk. Tandis que le gouvernement de Kiev peine à reprendre la main, Washington pointe la Russie et menace de nouvelles sanctions.



Peu après une heure du matin, ce dimanche à Kiev, une simple phrase dans un communiqué résume la réunion du Conseil de sécurité, réunie en urgence par le président par intérim Oleksandre Tourtchinov : « Les participants ont étudié les questions et les mesures en rapport avec la normalisation de la situation dans l'est de l'Ukraine. » Fin du communiqué. Aucune décision n’a donc été prise, malgré une journée sous haute tension dans l'est du pays.

Des armes « uniquement utilisées dans les armées russes »

A Slaviansk, les séparatistes sont passés à l’offensive tôt, samedi matin, prenant le contrôle de la quasi-totalité de la ville. A Donetsk, les séparatistes ont envahi le siège de la police régionale et le ministère ukrainien de l’Intérieur a également affirmé avoir repoussé l’attaque par des séparatistes d’une usine chimique où sont stockés des explosifs. Idem dans plusieurs villes de la région, à Kramatorsk et Krasny Liman, dans la province de Donetsk, frontalière de la Russie, où des combats auraient eu lieu sans faire de victimes, selon le ministre de l'Intérieur ukrainien. Ce dernier dénonce une « agression extérieure » de la Fédération de Russie et affirme que les assaillants disposaient « d'armes uniquement utilisées dans les armées russes ».

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Le chef de la diplomatie russe, Sergeï Lavrov, a pour sa part démenti toute implication de la Russie dans ces provocations. A Kiev, Dmitro Iaroch, le chef du parti nationaliste Pravy Sektor (« Secteur droit ») ne l'entend pas de cette oreille, et appelle ses partisans à se préparer à « se préparer à l’action ».

Les Etats-Unis demandent le retrait des troupes russes de la frontière

Dans ce contexte, le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a mis en garde son homologue russe, Sergueï Lavrov, sur le fait que la Russie devra faire face à de nouvelles sanctions américaines si la tension ne retombe pas avec l’Ukraine. Lors d’un entretien téléphonique entre les deux hommes, ce samedi 12 avril, John Kerry a « clairement dit que si la Russie ne prenait pas des mesures pour réduire la tension dans l'est de l’Ukraine et retirer ses troupes de la frontière entre les deux pays, il y aurait des conséquences supplémentaires », ont fait savoir les services du département d’Etat américain. Vendredi, les Etats-Unis avaient déjà imposé des sanctions à six responsables de Crimée et à un groupe gazier.

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Le secrétaire d’Etat américain a d’autre part exprimé la profonde inquiétude de Washington devant les activités des séparatistes dans l’Est de l’Ukraine, dont les attaques sont orchestrées de la même façon que celles menées en Crimée avant l’annexion. Auparavant, la Maison Blanche avait condamné « une campagne concertée, menée par des séparatistes pro-russes, qui incitent à la violence et aux sabotages et cherchent à saper et déstabiliser l’Etat ukrainien, avec semble-t-il le soutien de la Russie ». La porte-parole du Conseil national de sécurité, Laura Lucas Magnuson, a par ailleurs appelé le président russe, Vladimir Poutine, et son gouvernement « à cesser tout effort de déstabilisation de l’Ukraine et (mis) en garde contre toute nouvelle intervention militaire ». La Maison Blanche a également annoncé la visite à Kiev le 22 avril du vice-président américain, Joe Biden. Une visite qui vise à témoigner du soutien de Washington à « une Ukraine unie et démocratique qui fait ses propres choix en ce qui concerne son avenir ».Ban Ki-moon, secrétaire général de l’ONU, a de son côté appelé tous les intervenants de la crise qui se joue dans l’est de l’Ukraine à « faire preuve du maximum de retenue » et à « à s'efforcer d'apaiser la tension et à respecter la loi ». Il s’est dit « très inquiet (des) risques d’affrontements violents ». « Les Nations unies se tiennent prêtes à soutenir une solution pacifique de la crise actuelle en Ukraine », a-t-il insisté, dans un communiqué.

Pour l’instant, la réunion de conciliation quadripartite, qui doit se tenir à Genève le 17 avril prochain entre la Russie, l’Ukraine, l’Union européenne et les Etats-Unis, est maintenue. « Pour éviter toute confusion, nous voudrions préciser que l'organisation de cette réunion se poursuit. Mais pour l'instant, nous ne nous sommes pas mis d'accord, ni sur l'ordre du jour, ni sur le format », a précisé la diplomatie russe dans un communiqué publié ce samedi.

Source : Rfi.fr
 



Dimanche 13 Avril 2014 - 11:47



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