Lettre des détenus de Koutal: «Parmi nous, il y a des innocents…»



«Nous venons par ce présent écrire cette lettre pour le transmettre au bureau de l’ASRED (Association pour le Soutien et la Réinsertation Sociale des Détenus) pour que ces derniers puissent faire passer nos doléances au président de la République», lit-on dans ladite lettre où les détenus de Koutal demandent «pardon à la société Sénégalaise, à nos familles, femmes et enfants pour toutes les peines que nous leur causons jour et nuit».
 
«Nous ne sommes pas tous fautifs. Parmi nous, il y a des innocents même si nous sommes présentement tous dans le même navire», écrivent-ils. Ils espèrent «un jour pouvoir bénéficier de la liberté conditionnelle ou de la grâce présidentielle. Nous, à qui la justice a décerné de longues peines, nous demandons à ce que notre situation soit prise en compte par les autorités de ce pays».
Au nombre de 244 dont sept (7) Maliens, onze (11)  Nigériens et un (1) burkinabé, ils sollicitent «la clémence la clémence du chef de l’état pour des raisons humanitaires».
 
«Nous sommes après tous des citoyens mais avant tout des hommes avec des qualités et des défauts. Certains d’entre nous se sont trompés mais une faute reconnue est à moitié pardonnée. Le cas de notre doyen, Ali SARR, 76 ans condamné à 20 ans et qui est à sa quatorzième année est un exemple patent», indiquent-ils en demandant qu’on « (leur) accorde une seconde chance».
 
«Nous savons tous que la grâce relève de votre prérogative mais comprenez notre situation car beaucoup d’entre  nous ont perdu leurs femmes et nos enfants ne vont plus à l’école. Nous vous invitons à venir constater de visu notre situation car elle est alarmante», soutiennent-ils.
 
Dans ce sillage, l’ASRED demande au chef de l’état «d’édifier les détenus et leurs familles sur son devoir de grâce car depuis le 04 avril, ces dernières défilent au siège pour être édifiées. Les familles des détenus demandent la clémence du chef de l’état pour leurs progénitures qui purgent de longues peines et qui, depuis, ne bénéficient ni de la grâce présidentielle, ni de la liberté conditionnelle» tout en attirant «également l’attention du chef de l’état sur la manière dont la grâce est accordée à certains détenus. Non seulement, elle est vendue mais en plus de cela certaines autorités politiques exercent une certaine  pression auprès de la direction des grâces». 


Mardi 2 Mai 2017 - 00:50



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