Lettre ouverte de Vieux Aïdara à la CREI: "Pourquoi je suis parti...?"

Rebondissement dans le procès de Karim et ses co-prévenus. En fuite depuis le déclenchement de la traque des biens dits mal acquis contre le fils du président sortant Wade, Vieux Aïdara, co-actionnaire dans la société AN Média qui coiffe Canal Info News, sort de sa cachette. A travers une lettre ouverte, il lâche ses vérités à la Cour de Répression de l'Enrichissement Illicite (CREI) en charge de juger l'ancien ministre sous le règne de son père. Procès qui a démarré depuis le 31 juillet dernier. Pressafrik.com vous livre ladite lettre



LETTRE OUVERTE
 
« Comment peut-on produire une pièce émanant d’une personne en fuite ? » C’est l’interrogation lancée ce jeudi 30 octobre dans la salle 4 du palais de justice de Dakar par le « Substitut du Procureur Spécial » près CREI, un tribunal d’exception unique en son genre en ce 21ème siècle.
 
Le  « Procureur Spécial » d’ajouter « M. Aidara a pris la poudre d’escampette durant l’enquête préliminaire...S’il a le courage de transmettre des documents, il n’a qu’à se présenter et se défendre ».
 
La divulgation d’une lettre signée est datée du mois d’avril 2013 par laquelle le « témoin » Cheikh Tidiane Ndiaye m’informe de son désir de se défaire de ses actions semble avoir sérieusement ébranlé les deux inquisiteurs de la CREI au point qu’ils tentent de s’opposer à son versement aux débats.
 
De quoi donc ont-ils peur si tant est que leur seul désir est de voir éclater la vérité ?
 
Les enquêteurs de la section de recherches de la gendarmerie nationale sénégalaise ainsi que les deux inquisiteurs savent très bien que monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye est un menteur.
 
Il leur suffit juste de bien lire ses différentes dépositions à « l’enquête préliminaire » et les confronter à sa déposition devant la commission d’instruction de la CREI pour se rendre compte de ses propres contradictions.
 
Une simple volonté de faire une vraie enquête aurait suffit pour se rendre compte des mensonges de cet individu qui prétend aujourd’hui ne pas me connaître et que j’ai pourtant un soir de l’année 1997 à Fann Résidence sauvé d’une arrestation pour usage de cocaïne de drogue.
 
Même s’ils n’en témoignaient pas aujourd’hui son épouse ainsi que l’officier qui m’avait aidé à le sauver savent que c’est un fait.
 
Mais il est vrai que chez certains l’ingratitude est une vraie nature.
 
Depuis son éviction de la direction générale de AN MEDIA S.A Cheikh Tidiane Ndiaye est entré dans une fuite en avant, en faisant tourner à plein régime sa fabrique de mensonges dans le seul but d’impressionner ses proches et les décideurs politiques et économiques.
 
Cette enquête de la CREI n’a été qu’un instrument supplémentaire à ses yeux pour asseoir sa vengeance contre moi après avoir tout essayé pour couler la chaîne Canal Info News d’octobre 2007 à novembre 2012.
 
Le Président  Henry Grégoire Diop  a certainement raison de dire « qu’un prévenu en fuite, n’a même pas le droit à un avocat…D’autant plus qu’un mandat d’amener a été décerné contre lui ».
 
N'ayant donc d'autres moyens de m'expliquer, je vais choisir cette voie même si je ne la considère pas comme la plus idoine afin d'informer très respectueusement le Président du tribunal ainsi que ses assesseurs des raisons qui ont motivées mon départ du Sénégal en décembre 2012.
 
Monsieur le Président, je n’ai jamais voulu me soustraire à la JUSTICE car j’ai une vraie culture démocratique et républicaine, ce qui m’a d’ailleurs toujours empêché d’évoquer publiquement une affaire pendante en JUSTICE.
 
Pour étayer mon propos, je rappelle qu’en avril 2012 lorsque le juge d’instruction du 5ème Cabinet du Tribunal Régional de Dakar m’a convoqué pour une plainte de monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye sur un contentieux qui nous oppose encore aujourd’hui, je me suis présenté bien qu’étant hors du territoire sénégalais au moment ou j’accusais réception de la convocation.
 
Donc monsieur le Président, malgré mon respect des principes républicains qui veulent que nul ne soit au dessus de la loi, après lecture de cette lettre, vous comprendrez mon refus de me faire prendre en otage par des personnes qui m’ont donné le sentiment d’être tout sauf des auxiliaires de JUSTICE ou Magistrats.
 
La manière avec laquelle mes auditions ont été menées, sans oublier le fait que les minutes de ces auditions se retrouvaient dès le lendemain sur la place publique, donnant le coup d’une campagne frénétique de dénigrements pour me ligoter et m’offrir en pâtures à la vindicte populaire ont conforté mon sentiment premier.
 
Pour couronner le tout, les conseils « fraternels » du Major Ngom avec lequel j’ai eu plusieurs altercations pendant ces auditions et qui par un coup de fil me suggéra « d’aller dans le sens du vent si je ne voulais pas finir comme un dégât collatéral » m’ont définitivement convaincu qu’il me fallait quitter le Sénégal.
 
Monsieur le Président, dans le souci de ne pas donner le sentiment de me soustraire, j’ai dès mon arrivée en France pris contact avec le Major Ngom pour lui donner mes coordonnées afin de pouvoir répondre aux questions éventuelles des enquêteurs. Ce qu’ils ont d’ailleurs fait à chaque fois que de besoin.
 
Malgré tout ceci le « Procureur Spécial » et son substitut ont préféré aller dans le sens de la propagande en me situant tantôt à Londres ou au Mali avec un mandat d’arrêt international qu’Interpol s’apprêtait à exécuter contre moi.
 
Monsieur le Président mon départ pour la France n’est pas une fuite mais plutôt un souci de préservation de mon intégrité physique car ne sachant pas à quoi je m’exposais dès lors que je refusais d’incriminer ou de charger monsieur Karim Wade.
 
Monsieur le Président si seul le souci de la manifestation de la vérité animait le « Procureur Spécial » et son Substitut, pourquoi ne pas avoir demandé à la justice française de m’entendre par le biais d’une commission rogatoire ?
 
Je n’avais nullement l’intention de me soustraire à la JUSTICE sachant que des conventions d’entraides judiciaire existent avec le Sénégal, la JUSTICE française me demanderait de rendre des comptes si j’étais convaincu d’un quelconque crime ou délit commis sur le territoire sénégalais.
 
Au contraire Monsieur le Président, j’accuse certains enquêteurs de la section de recherche  de la gendarmerie sénégalaise ainsi que le  « Procureur Spécial et son Substitut » d’avoir caché à la commission d’instruction de la CREI donc à vous le fait qu’ils étaient en relation avec moi et savaient comment me joindre.
 
J’accuse ces derniers d'avoir aussi caché toutes les informations mises à leur disposition qui auraient permis d’instruire à décharge.
 
Ces précisions faites sur mon absence devant votre cour monsieur le Président et puisque je n’ai pas le droit à un avocat…
 
Permettez moi de m’adresser à vous et à l’opinion publique afin de vous édifier sur les déclarations et  accusations de prête nom de monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye qui n’est qu’un affabulateur désireux d’assouvir une vengeance parce que tout simplement, je l’ai évincé de mon projet de télévision.
 
Monsieur le Président, monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye qui se présente comme un expert en télévision n’est qu’un producteur parmi tant d’autres et ne connaît absolument rien dans le montage et la gestion d’une chaîne de télévision.
 
Ce monsieur qui pour épater l’opinion locale prétend avoir été employé au sein de la chaîne de télévision France 2 alors qu’il n’en est rien, cela est simple à vérifier, il vous suffit d’adresser un courrier aux services des ressources humaines de cette chaîne publique française et vous ne trouverez pas sa trace comme ayant été employé ni même prestataire.
 
Monsieur Cheikh Tidiane Ndiaye pour s’attribuer la paternité du projet, prétend que la chaîne de télévision Canal info a été effective à partir d’août 2005 grâce au soutien de l’ancien Président de la République  du Sénégal qui aurait été je le cite « Profondément séduit par la réalisation du film documentaire qui retraçait de façon exhaustive son parcours de 1926 à 2000 ».
 
Monsieur le Président, la réalisation de ce film est un fait, sauf qu’en août 2005 ce film n’avait pas encore été réalisé, comment l’ancien Président pouvait être séduit par quelque chose qu’il n’avait pas encore vu ?
 
Pour vérifier cette contradiction il suffit de juste suivre par exemple ce lien d’une de ces interviews paru dans le quotidien le Soleil.


Mercredi 5 Novembre 2014 - 10:03



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