Libération de Lazarevic: le point sur les déclarations d’IBK

Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, s’est exprimé mardi soir sur RFI. Une première prise de parole depuis la libération de quatre jihadistes au Mali, en échange de l'otage français Serge Lazarevic. Cette contrepartie a semé le trouble dans une population malienne, remontée contre le pouvoir de Bamako depuis une semaine. IBK a donc senti le besoin de s'exprimer.



Dans un style inimitable, le président malien a donc cherché à rassurer ses concitoyens  : la remise en liberté de quatre jihadistes n'est pas un signe de faiblesse de la part de Bamako. « Que personne ne se méprenne, affirme le chef de l'Etat, à leur place j'eusse préféré rester en prison. »

Durant plusieurs jours, le pouvoir malien est resté aux abonnés absents sur cette affaire, certains magistrats allant même jusqu'à nier l'évidence. Pourtant, les jihadistes n'étaient plus dans les geôles de Bamako, provocant l'indignation de la rue et de la société civile.

Sur les réseaux sociaux, la colère gronde contre un pouvoir qui « brade son devoir de justice, sacrifie les victimes maliennes et leurs familles au bénéfice d'un otage français ». L'opposition a profité de cette occasion pour dénoncer une nouvelle fois la faiblesse des autorités maliennes.

Vendredi dernier, le ministre de la Justice est le premier à confirmer enfin ces libérations. Selon Mohamed Ali Bathily, c'était un devoir vis-à-vis d'un partenaire comme la France engagée depuis deux ans aux côtés du Mali dans la lutte contre le terrorisme.

Mardi au micro de RFI, c'est en chef des armées qu'IBK a promis de traquer les jihadistes, et en père de la nation, de rendre justice au gardien de prison tué lors d'une tentative d'évasion de l’un d’entre eux. Une posture mal aisée pour le chef de l'Etat malien obligé aujourd’hui de se justifier devant son peuple d'une chose et de son contraire.


Avec RFI

Mercredi 17 Décembre 2014 - 11:22



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