Libération des otages d'Arlit au Niger : pourquoi le silence ?

A l'arrivée des ex-otages Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret, sur le tarmac de Villacoublay, mercredi 30 octobre, le président Hollande a proposé aux otages de prendre la parole. Surpris, presque interloqués de la proposition, ils n'ont pas souhaité s'exprimer. « Ils seront libres de s'exprimer quand ils le voudront, c'est ça la liberté » a commenté le président français. Pourquoi ce silence qui tranche avec l'attitude des autres otages libérés ces dernières années ? Leur longue durée de détention, trois ans, est une des explications, une parmi tant d'autres.



Libération des otages d'Arlit au Niger : pourquoi le silence ?

Aucune allocution n'était prévue. Mais finalement, François Hollande est revenu sur le tarmac de l'aéroport entouré des quatre ex-otages. Le président français a pris la parole pendant plusieurs minutes. Pas un mot en revanche de ceux qui viennent juste de recouvrer la liberté.


Y a t-il eu instruction des autorités françaises ? Absolument pas selon les deux filles de Daniel Larribe, le plus âgé des ex-otages : «On ne leur a rien dit du tout, on leur a laissé le choix... Je pense qu'ils sont tous dans la même posture avec un peu de mal à se reconnecter. Ce ne sont pas des gens qui sont habitués à communiquer avec la presse. Pour nous c'est déjà très difficile, alors pour eux ça l'est encore plus j'imagine».


Pour Marion et Maud Larribe, qui venaient juste de passer une petite heure avec leur père, le contraste entre la captivité et cette soudaine exposition était trop fort. «C'est très compliqué de passer d'une réclusion de trois ans, dans un environnement extrêmement austère et coupé du monde et tout d'un coup, quand ils sont arrivés à Niamey, ils ont été submergés par les forces de l'ordre, les ministres français, les diplomates...».


Garder le chèche


Les proches d'un autre otage, Pierre Legrand, confirment et ne se disent pas surpris : «On connaît Pierre, il n'est pas du genre à se mettre en avant» confiait, mercredi 30 octobre, Camille Bondu, une de ses proches avant d'ajouter comme une évidence, «que dire après trois ans d'isolement en plein désert ? Surtout à des inconnus».


Même à son entourage il n'a pas donné beaucoup de détails sur sa détention. «Ce qui l'intéressait, confie son grand-père René Robert, c'était prendre des nouvelles de ses amis, retrouver ses soeurs et parler des petites choses du quotidien».


«Si les quatre Français n'ont pas fait de déclaration en arrivant en France, c'est tout simplement qu'ils n'étaient peut-être pas dans la disposition mentale pour », estime Claude Larribe, le frère de Daniel, le plus âgé du groupe. « Ils sont peut-être encore un peu là bas dans leur tête » ajoute-t il, avant de relever que Daniel n'avait pas encore taillé sa longue barbe mercredi, et que deux des otages avaient toujours leur chèche autour du coup, symbole pourtant de leur détention. «Ils ont eu besoin d'un temps tampon je crois. Finalement, garder le chèche c'était aussi une manière de garder une distance» suggère l'une des filles de Daniel Larribe.


Rfi.fr

Jeudi 31 Octobre 2013 - 08:28



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