Libye: les terminaux pétroliers bloqués par des hommes armés

La Compagnie nationale libyenne de pétrole (NOC) a décrété l'état de force majeure dans les principaux terminaux pétroliers du pays, ce mercredi 21 août. Les terminaux sont bloqués par des hommes armés, accusés par le gouvernement de vouloir détourner le brut. La situation devient très difficile pour les exportations qui sont ralenties de moitié.



Des réservoirs de pétrole brut dans le port de Tobrouk, l'un des rares où la production a repris normalement. REUTERS/Ismail Zitouny
Des réservoirs de pétrole brut dans le port de Tobrouk, l'un des rares où la production a repris normalement. REUTERS/Ismail Zitouny
En raison d’un conflit qui perdure entre le gouvernement et les agents chargés d’assurer la sécurité des sites pétroliers, la production libyenne de pétrole, déjà en net recul depuis la guerre, a encore diminué ces dernières semaines. Désormais le pays n'exporte plus son pétrole qu'à 50 % de ses capacités : 800 000 barils/jour au maximum, seulement 500 000, selon certains experts.
Des conséquences catastrophiques
La plupart des ports d'exportation - Zueitina, Ras Lanouf, al-Sedra et Brega - sont fermés. C'est aussi le cas d'Es Sider, le principal terminal pétrolier du pays. A lui seul, il a une capacité de 350 000 barils /jour. Mais depuis le 28 juillet dernier, plus aucun tanker n'y accoste. Pour l'économie libyenne, c'est une catastrophe. Au 15 août dernier, la perte était de 1,6 milliard de dollars, selon le ministre du Pétrole.
A l'origine du problème, un conflit autour de la gestion de la manne pétrolière entre le gouvernement et certains des gardes chargés d'assurer la sécurité des terminaux pétroliers. Le commandant de ces gardes voulait procéder lui-même à des ventes de pétrole. Le pouvoir a tellement pris cette menace au sérieux qu’il a menacé de couler les tankers qui prendraient livraison de ces cargaisons. Un autre responsable de la sécurité des installations pétrolières a été nommé. Mais le conflit n'est pas encore réglé.
« Le problème, c’est que c’est une dispute industrielle à propos de combien les gens sont payés pour garder les sites », a déclaré à RFI le spécialiste de l'économie libyenne, William Lawrence. « Il y avait eu aussi pas mal de milices qui avaient attaqué ou bloqué des sites pétroliers par le passé » a-t-il souligné. « Même si certains ont menacé de vendre du pétrole au marché noir, il n’y a pas vraiment de preuves qu’ils aient vendu grand-chose », estime cependant le spécialiste américain.
Vers une solution
Selon lui, une solution au conflit va être trouvée dans les semaines qui viennent car aucune des parties n’a réellement intérêt à ce que le blocage s’éternise. « C’est très grave pour l’économie libyenne et aussi pour le marché mondial du pétrole », juge-t-il. « Il y a des gens qui estiment que la moitié de la baisse de production est due aux problèmes techniques, parce que le secteur pétrolier libyen n’a pas rattrapé ce qu’il a perdu pendant la guerre. Mais l’autre moitié est bien liée aux problèmes politiques ».
Source: RFI


Jeudi 22 Août 2013 - 09:47



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