Libye : regain de tension entre Tripoli et Washington

La Libye a exigé, mardi 8 octobre, la remise immédiate d’Abou Anas al-Libi, un membre présumé d’al-Qaïda arrêté samedi dernier par les forces spéciales américaines puis transféré vers une destination inconnue. Une opération menée dans le plus grand secret au cœur de la capitale libyenne, Triopoli. Mardi soir, le président américain Barack Obama a déclaré qu’Abou Anas al-Libi « sera traduit en justice », car il est responsable de « centaines » de morts.



Libye : regain de tension entre Tripoli et Washington

C’est Barack Obama en personne qui prend la parole. « Libi, le responsable de centaines de morts, sera traduit en justice », a expliqué le président américain lors d'une conférence de presse, avant d’ajouter : « Les Etats-Unis continueront à s’en prendre aux extrémistes ».
 

Il s’agit là d’une déclaration sans appel qui ne devrait pas plaire aux autorités libyennes. Ce mardi 8 octobre au soir, le Congrès général national libyen - la plus haute autorité politique du pays - est en effet extrêmement ferme avec Washington.
 

« Violation de souveraineté »

Tripoli exige la remise immédiate du haut responsable d'al-Qaïda, Abou Anas al-Libi.
Dans un communiqué, le porte-parole du Congrès ajoute que l'opération américaine, sur son sol, est une « violation flagrante de la souveraineté nationale ». C'est la première condamnation officielle des autorités libyennes depuis l'opération menée samedi.

Lors d'un raid, samedi dernier, les forces spéciales américaines sont venues directement au niveau du domicile d'al-Libi pour l'arrêter - l'homme rentrait de la mosquée - et le transférer ensuite, en toute discrétion, sur un navire militaire qui patrouille dans la région où il est depuis interrogé.

Abou Anas al-Libi est soupçonné par les Etats-Unis d'avoir organisé, pour le compte d’al-Qaïda, des attentats en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie. Le FBI avait alors offert 5 millions de dollars pour toute information permettant sa capture. Le bras de fer entre Tripoli et Washington ne fait que commencer.


 ■ ANALYSE : Abou Anas al-Libi bénéficie de solides soutiens

Pour Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cernam) à Genève et spécialiste de la Libye, la réaction virulente de Tripoli s’explique par le fait Congrès général national libyen, l’instance la plus importante du pays, doit sa stabilité à une « certaine collaboration » avec les milices islamistes qui ont contribué à la fin du régime Kadhafi.


Rfi.fr

Mercredi 9 Octobre 2013 - 16:57



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