Libye: une réunion et l'espoir d'aboutir à un gouvernement d’union

Le Maroc accueille pour la quatrième fois dans la ville de Skhirat des discussions censées mettre un terme à la crise politique en Libye. Cette fois-ci, il s'agira de sceller un accord pour la formation d'un gouvernement d'union nationale pour mettre fin à la guerre civile. La Libye compte actuellement deux gouvernements et deux Parlements, l'un à Tripoli, non reconnu, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, soutenu par la communauté internationale.



Selon la Mission d'appui des Nations unies en Libye, ces nouveaux pourparlers pourraient être décisifs. Son représentant, Bernardino Leon, a même dit espérer la création d'un gouvernement d'union nationale à l'issue de ces rencontres.

Plusieurs réunions se sont tenues à Skhirat depuis janvier dernier pour tenter de mettre fin à la guerre civile qui ronge le pays. Après avoir consacré ces rencontres à faire taire les armes, les deux parlements rivaux  ont par la suite abordé l'épineuse question des prérogatives des nouvelles institutions. Entre mars et avril, les rounds de discussions s'étaient succédé dans la ville marocaine, ternis par de nouveaux combats entre milices rivales.

Après plus de deux mois de suspension, l'ensemble des protagonistes reconnaissent aujourd'hui l'urgence d'une solution politique  pour contrer la menace grandissante des groupes terroristes. En avril dernier, l'organisation de l'Etat islamique avait revendiqué l'attaque visant le consulat du Maroc à Tripoli, perpétré à la veille de l'ouverture de discussions inter-libyennes sur son sol.

Dommages collatéraux et rencontres en série

 

Et ce dimanche déjà, les ministres des Affaires étrangères d'Egypte, d'Algérie et d'Italie étaient réunis au Caire pour examiner les développements de la crise libyenne et ses retombées. Ils ont appelé toutes les parties du conflit libyen à surmonter leurs divergences pour former un gouvernement d'union nationale. Les trois ministres n'ont pas caché leur préoccupation quant aux retombées de la crise libyenne. Ils ont souligné les dangers que représentaient pour les voisins de la Libye la violence, le terrorisme et l'immigration clandestine. Les ministres des trois pays s'étaient déjà réunis à Rome en avril.

De source égyptienne, on indique que le chef de la diplomatie a informé ses homologues algérien et italien des résultats de la conférence des chefs de tribus libyennes qui s'était tenue la semaine dernière au Caire. Une conférence qui avait notamment convenu de la nécessité de lutter contre les extrémistes musulmans en Libye. Reste à savoir si les trois pays sont disposés à aller plus loin que le simple discours diplomatique. Avec un million d'Egyptiens travaillant ou vivant en Libye et une menace jihadiste qui pourrait s'ajouter à celle du Sinaï, Le Caire est en faveur d'un soutien musclé au gouvernement de Tobrouk si les négociations inter-libyennes échouent. 

Les rencontres se mulltiplient donc car il y a urgence, comme le montre encore l'avancée de l'organisation Etat islamique qui a conquis vendredi la ville de Haroua, grande agglomération à l'est de Syrte. C'est une course contre la montre qui se joue.

Mercredi dernier aussi, à Alger, se sont déroulées d’importantes négociations entre responsables libyens rivaux, en présence du médiateur de l’ONU pour la Libye, Bernadino Leon. A l’issue de deux journées de concertation, ce dernier a indiqué qu’il travaillait sur un quatrième projet d’accord incluant des amendements visant à trouver un consensus. Le lendemain, jeudi, ce sont les pays voisins de la Libye qui se sont retrouvés dans la capitale tchadienne Ndjamena. Ces derniers ont une nouvelle fois prôné l’ouverture d’un dialogue national et écarté la possibilité d’une intervention armée.


Rfi.fr

Lundi 8 Juin 2015 - 07:12



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