Ligue Europa : la malédiction continue pour Benfica



Séville a remporté mercredi 14 mai à Turin sa troisième Ligue Europa, la seconde aux tirs au but (0-0, 4 t.a.b. à 2) contre un Benfica toujours maudit, battu pour la huitième fois d'affilée en finale continentale.

Le Français Kevin Gameiro, entré en prolongation (104e) a transformé le penalty décisif devant le mur blanc des supporteurs andalous et offert un incroyable palmarès à son club, qui rejoint le FC Barcelone, Valence  CF, Liverpool, la Juventus et l'Inter avec trois « C3 » (2006, 2007, 2014) !

Pour Benfica en revanche la malédiction de Béla Guttmann dure toujours. L'entraîneur, qui lui avait prédit cent ans sans gagner de Coupe d'Europe après les deux victoires en Coupe des champions (1961, 1962), a toujours raison.

Lire : Ligue Europa : une finale entre Benfica le maudit et Séville le béni

L'autre héros du match est Beto, le portier de Séville, qui a dévié les tirs d'Oscar Cardozo et de Rodrigo. Le gardien portugais avait déjà remporté la « C3 » en 2011 avec le FC Porto.

Parfaitement organisé autour de son formidable meneur de jeu Milan Rakitic, Séville a contenu un Benfica dominateur jusqu'à la séance des tirs au but. En 2007, déjà, les Andalous avaient battu l'Espanyol Barcelone aux penalties (2-2, 3 t.a.b. à 1).

PARCOURS D'OUTSIDER

Séville s'impose au bout d'un parcours d'outsider commencé au troisième tour préliminaire, le 1er août 2013 contre Podgorica, après avoir déjà gagné contre son rival sévillan, le Betis, aux tirs au but, en remontant une défaite à domicile (2-0) à l'aller, et ne s'est qualifié qu'à la dernière seconde de la demi-finale à Valence (2-0/1-3) sur un but du Camerounais Stéphane Mbia.

Le Benfica peut s'en vouloir d'avoir manqué tant d'occasions dans un match qu'il a dominé. Jorge Jesus a dû faire un changement dès la 25e minute, son ailier droit Miralem Sulejmani est sorti blessé, touché sur un tacle d'Alberto Moreno, remplacé par André Almeida, un défenseur, qui a décalé Maxi Pereira, le principal animateur du Benfica, au milieu.

MULTIPLES RATÉS DU BENFICA

Le jeu n'a commencé à se délier vraiment que juste avant la mi-temps, avec trois occasions du Benfica, pour Rodrigo, contré deux fois (40e, 45e), et sur un face-à-face Maxi Pereira-Beto sur un ballon aérien encore remporté d'une main ferme par le gardien (45e).

Benfica est reparti aussi fort qu'il avait terminé la première période, avec trois frappes coup sur coup, amorcées par un Maxi Pereira déchaîné. Mais il y avait toujours un pied, le gardien ou Moreno sur sa ligne pour empêcher le ballon d'entrer (48e), juste sous les regards de la curva du Benfica, qui a dû penser à ce moment à la malédiction de Béla Guttmann...

Pourtant, les Rouges ont raté pire encore, sur une glissade de Lima avant de pouvoir frapper au but (72e), une reprise de Rodrigo contré par Fazio (80e) et un tir sous la barre de Lima boxé par Beto (84e) ! Séville a riposté surtout par contres, orchestrés par la finesse technique et la lecture du jeu d'Ivan Rakitic, élu homme du match. Sur les plus dangereux, José Antonio Reyes a frappé sur le gardien slovène Jan Oblak (61e), et Bacca lancé sur une passe de volée du Croate a manqué de peu le cadre (101e).

La Supercoupe, qui oppose chaque début de saison les vainqueurs de la Ligue des champions et de la Ligue Europa, sera tout espagnole, contre le Real ou l'Atlético Madrid, confirmant l'hégémonie de la Liga sur l'Europe.


lemonde.fr

Jeudi 15 Mai 2014 - 10:07



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