Lilian Lepère raconte comment il a échappé aux frères Kouachi pendant 8 heures



Lilian Lepère, caché dans l'imprimerie dans lequel les frères Kouachi se sont retranchés à Dammartin-en-Goële, a livré un témoignage digne d'un scénario de thriller lundi au 20h de France 2. Le courage et le sang froid du jeune homme donnent la chair de poule. 
Lilian Lepère a débuté son récit en remerciant son patron, le directeur de l'imprimerie, des sanglots dans la voix. Voyant Said et Chérif Kouachi arriver, vendredi vers 9h30, Michel Catalano a envoyé le jeune graphiste se cacher et a même offert un café aux deux terroristes afin de donner le temps à Lilian de se cacher. "C'est grâce à lui si je suis là aujourd'hui, je ne le remercierai jamais assez". 

"Je vois son ombre à travers l'interstice" 
L'employé de l'imprimerie s'est caché ensuite sous un évier, dans une armoire étroite dans laquelle il est resté pendant 8h30. "Un des frères Kouachi a ouvert le frigo, ensuite il est revenu vers le meuble où j'étais caché et il boit un verre d'eau juste au-dessus de moi. J'entends l'eau qui coule au-dessus de ma tête, je vois son ombre à travers le petit interstice de lumière de la porte, je sens le siphon qui coule dans mon dos, un moment complètement surréaliste, comme dans les films", raconte-t-il calmement. 

"À un moment, il faut prendre des risques" 
N'osant pas bouger afin d'éviter de se faire repérer, Lilian Lepère a attendu un certain temps afin de sortir son téléphone de sa poche. Les premières heures, il a dû batailler pour éviter que le vibreur ne fasse trop de bruit et ne finisse par le faire repérer, alors que ses proches tentaient désespérément d'avoir de ses nouvelles. "À chaque fois, il faut décaler la cuisse pour ne pas que ça fasse vibrer le meuble, pour que ça fasse le moins de bruit possible", précise-t-il. "Mais à un moment, il faut prendre des risques. (...) Mon premier réflexe est de le mettre en silencieux pour éviter les vibrations".  

Il envoie ensuite des SMS à plusieurs membres de sa famille, afin de multiplier ses chances. Il reçoit une réponse de son beau-frère qui lui apprend qu'il se trouve avec la police. "Là le moral remonte (...) ce sont les premières larmes et les premiers tremblements".  

Lilian Lepère fournit dès lors des informations précieuses à la police. Il est caché depuis plus de quatres longues heures et devra encore patienter quatre autres heures avant l'assaut final du GIGN qui verra son salut. 

"J'ai joué au lotto" 
Le graphiste s'estime très chanceux. "J'ai d'ailleurs joué au lotto ce soir", dit-il avec le sourire avant de présenter, avec gravité cette fois, ses condoléances aux familles des victimes. 

 

7sur7.be

Mardi 13 Janvier 2015 - 14:11



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