Loi antitabac dans les hôtels, bars, restaurants du Sénégal: la société civile exige une application sans aucune concession



«Le Syndicat Patronal de l'Industrie Hôtelière du Sénégal (SPIHS), réuni en Assemblée générale, a estimé que la loi antitabac votée par l'Assemblée Nationale du Sénégal est un goulot d'étranglement et une menace pour la pérennité de leur instrument de travail», signale le président Afrique Sans Tabac et Membre Fondateur de la LISTAB (Ligue Sénégalaise contre le Tabac). 

Selon ce dernier, «les arguments avancés par les patrons d'hôtels ne tiennent pas la route». «Ils disent que la loi risque de peser lourdement sur le budget de fonctionnement de leurs structures, et de faire fuir les rares clients qui les fréquentent encore. Mais est ce qu'ils se soucient un seul instant des menaces sanitaires auxquelles leurs travailleurs sont à chaque instant exposés face à la fumée des autres ? Ils disent qu'Ébola avait emporté son lot de client, qui s'est détourné de la destination, et des menaces terroristes qui ont poussé leurs structures à élever leur niveau de sécurité par l'investissement dans des équipements au sein de leurs établissements. Mais est ce qu'ils savent combien de vies de leurs employés ont été emportées du seul fait des clients fumeurs qui ont eu à fréquenter leurs établissements ?», martèle le président de l'Observatoire Contre le Commerce Illicite des Produits du Tabac.
 
«Ils disent qu'il existe une relation entre la cigarette, les bars et les restaurants. Mais est ce qu'ils savent ce que peut signifier pour leurs employés le tabagisme passif, la fumée des autres ou la fumée environnementale ? Les patrons des hôtels se soucient-ils réellement de la santé de leurs employés qui sont directement exposés à la fumée des autres et qui les fait encourir des risques réels et directs, d'attraper des maladies graves liées au tabagisme passif ? Les patrons des hôtels savent-ils que le tabagisme passif sur le lieu de travail est un danger pour leurs  travailleurs ? Les patrons d'hôtels savent-ils que la fumée des clients peut causer des dégâts incommensurables sur la santé de leurs propres salariés avec à la clé des maladies liées au tabac comme les cancers,  les accidents cardiaques, les maladies cardiovasculaires, les maladies respiratoires, les bpco (broncho-pneumopathies chroniques obstructives) etc...? », enfonce Amadou Moustapha Gaye.
 
La tabac «causant des dégâts inestimables et à l’origine de plus de 6.000.000 millions de morts dans le monde, et de 600.000 autres décès causés par la fumée des autres», le membre Fondateur de la LISTAB dénonce «cette manière d'estimer la loi très réductrice».
 
Selon Amadou Moustapha Gaye, elle révèle «un manque notoire de générosité et de considération vis à vis du combat pour la protection de la santé des populations du Sénégal».

Fort de ce fait, il renvoie les patrons d'hôtels à l'article Article 3 de la déclaration universelle des droits de l'homme : «Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne», à l'article 18 de la loi «qui interdit de fumer dans les lieux publics comme les hôtels, les restaurants, les auberges, les aéroports» et à l'article 19 «qui permet d’aménager des fumoirs dans les lieux cités plus haut»
 
«La loi antitabac du Sénégal nous l'avons initié, le ministère de la santé l'a soumise au gouvernement qui l'a adopté et les députés de la 12ème législature l'ont unanimement votée au nom, pour le compte et le bénéfice de tous les sénégalais», scande-t-il tout en indiquant «très clairement que la société civile et tous les acteurs de la lutte antitabac sont mobilisés pour faire face à toute tentative dont l'objet ou l'objectif serait de retarder ou d'affaiblir la mise en œuvre de la loi antitabac acquise de haute lutte».


Lundi 5 Décembre 2016 - 18:50



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter