Lutte contre la torture: Amnesty international tape sur le Maroc



L’organisation non gouvernementale réclame davantage d’efforts de la part du Maroc dans la lutte contre la torture. Les autorités marocaines « ont entrepris d’importantes démarches pour répondre et prévenir torture et mauvais traitements » de la part de ses forces de l’ordre, relève ainsi Amnesty international dans un rapport présenté ce mardi, lors d’une conférence de presse à Rabat. Mais la torture, «endémique», est toujours « utilisée pour arracher des « aveux » et étouffer les voix dissidentes », déplore l’ONG qui indique avoir étudié 173 cas présumés de torture.


Cas qui concernent « des étudiants, militants politiques, partisans de l’autodétermination au Sahara occidental » mais aussi « des personnes soupçonnées de terrorisme et d’infraction de droit commun ». Parmi les pratiques recensées figurent des « coups, maintien dans des positions douloureuses, asphyxie, simulacres de noyade » et « violences psychologiques ou sexuelles ». Elle qualifie, par ailleurs, de « pratique alarmante » de récentes condamnations à des peines de prison pour « dénonciation calomnieuse » et « fausse dénonciation », à l’encontre de personnes ayant rapporté des faits présumés de torture.


«Les responsables marocains renvoient l’image d’un pays ouvert, respectueux des droits humains. Mais tant que la menace de la torture planera sur les détenus et les voix dissidentes, cette image ne sera qu’un mirage », a déclaré la secrétaire générale de l’ONG, Salil Shetty. Le directeur de la région Moyen-Orient et Afrique du nord (Mena), Philip Luther, a lui aussi déploré, mardi, un « décalage » entre les « bonnes dispositions » de la législation marocaine et les « pratiques » : « La torture n’est plus systématique comme par le passé, mais elle reste un phénomène grave». Au titre de ses recommandations, Amnesty cite la présence systématique d’un avocat durant les interrogatoires, comme le prévoit le projet de réforme du code de procédure pénale.


Lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de la délégation interministérielle aux droits de l’Homme, Abderrazak Rouwane, a, lui, fustigé les « préjugés » d’Amnesty envers le royaume. « Les conditions d’honnêteté et d’objectivité sont absentes de ce rapport », a-t-il commenté. Et de rappeler que le Maroc a adhéré, en novembre dernier, au Protocole optionnel à la convention onusienne contre la torture (Opcat), ce qui doit aboutir à la création, d’ici la fin de l’année, d’un Mécanisme national de prévention (MNP) de la torture. Elle sera composée d’experts qui doivent encore être désignés.
Avec 20minutes


Mercredi 20 Mai 2015 - 13:56



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