Lutte contre le terrorisme en Afrique : « Boko Haram a été fragilisé mais… », Rapport International Crisis Group

Le groupe de recherche International Crisis Group a récemment publié un rapport sur l’état de la lutte contre le terrorisme en Afrique et en particulier dans la sous-région ouest africaine ou sévit le groupe djihadiste Boko Haram et d’autres forces terroristes dans le Nord Mali. Des attaques qui ont entrainé plusieurs conséquences socioéconomiques. Toutefois, les experts soulignent que le groupe djihadiste Boko Haram a perdu du terrain durant les dernières années. Les experts d’International Crisis Group en collaboration avec Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) ont organisé aujourd’hui un atelier de restitution de ces rapports.



Lutte contre le terrorisme en Afrique : « Boko Haram a été fragilisé mais… », Rapport International Crisis Group
Les recherches effectuées par International Crisis  Group (ICG), sur les conflits en Afrique et le terrorisme donnent une idée de la situation de la menace terroriste dans la sous-région africaine. Une étude qui révèle que  le mouvement  djihadiste  a nettement reculé car  bousculé dans ses positions d’une part l’armée nigérianne avec un président Muhammadu Buhari  de formation  militaire et originaire du  nord  du  Nigéria, d’autre part par l’intervention  des forces internationales  dans la lutte contre le terrorisme qui a fini de créer une solidarité internationale dans la lutte  contre ce fléeau.
Les  chercheurs révèlent, que le groupe présumé islamiste a perdu  beaucoup de  terrain durant les dernières années avec une forte offensive des armées sous régionales  et un  soutien des forces internationales comme l’implication des Etats-Unis dans la  lutte.

De l’avis des experts d’International Crisis Group « Boko Haram s’est fragilisé et les attaques ont baissé d’un cran faisant  moins de victimes. Selon les experts d’ICG a ce recul été possible grâce à  la présence de plusieurs facteurs. D’abord le gouvernement dirigé par un nordiste et musulman a joué en faveur de l’armée nigériane. Ensuite il y a une  montée des forces sous régionales avec des opérations conjointes sur le plan militaire, mais aussi une asphyxie économique du groupe djihadiste et un engagement international  notamment les Usa.

Toutefois  les chercheurs apportent un bémol sur ces avancées dans la lutte contre Boko Haram. En effet pour le Docteur Jean Hervé  Jézéquel « la réponse militaire jusque-là privilégiée contre les attaques djihadistes ne semble pas suffisante, car le constat est qu’il y a une extension des zones de violences. Ajoutant que si  nous prenons l’exemple du Mali on voit se développer des groupes qui instrumentalisent les fortes frustrations sociales » note Docteur Jézéquel. 

Concernant le groupe  Boko  Haram, on note un net  recul qui est sur la défensive sans pour autant abdiquer face à une offensive nigériane, sous-régionale et internationale qui gagne en  force et en cohérence,  mais le groupe djihadiste n’est pas vaincu, car il le fruit  d’une longue histoire de violence » souligne Docteur Vincent Foucher de l’ICG.  

D’ailleurs, le chercheur Foucher  croit  que pour ce qui de l’Etat du Cameroun un Etat fortement  impacté par les agissements de Boko Haram qui dispose d’une base arrière dans cette république voisine du Nigéria. De l’avis du chercheur, le pays de Paul Biya ne pourra vaincre Boko  Haram  qu’en intégrant des mesures de développement » souligne Dr Foucher.   

Cependant, les experts de ICG préviennent les pays  concernés  sur les possibles connexions entre le  groupe Boko Haram et  les autres  groupes djihadistes qui opèrent  dans  le Nord Mali.
 
 
 
 
 


Khadim FALL

Jeudi 16 Juin 2016 - 22:51



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