Macky SALL : un combat titanesque



Macky SALL : un combat titanesque
A l’instar des « douze travaux de Hercule », MackySall, dès le lendemain de sa prestation de serment, est confronté à des travaux titanesques pour une nouvelle société sénégalaise, débarrassée de tous les artifices négatifs du régime précédent. En effet, il faut beaucoup de courage et d’abnégation pour venir à bout de ces maux qui ont pour noms : la facilité, la roublardise, le mensonge, le chantage, les détournements de deniers publics, l’enrichissement illicite, … découlant de la recherche de l’argent facile, de l’impunité, du développement de lobbies financiers, religieux, socio-professionnels, politiques,… Des combats difficiles, héroïques l’attendent.
 
Ces batailles épiques méritent, de la part des populations, un soutien sans faille. Nous avons traversé 12 années de gabegie, de gâteries, de scandales financiers, de corruption, …qui ont gangréné nos mentalités jusque dans ce que nous avions de plus chère et de plus sacré. Des familles religieuses en ont souffert, des hommes, jadis respectés, se sont dédits, ont tourné casaque au grand dam de leurs enfants , épouses, amis, …victimes d’une « machine à sous »et de dossiers manipulés par des hommes sans scrupules dont le seul but est la réalisation de leurs objectifs sordides sans intérêt pour la nation.
 
En clamant haut et fort qu’il lutterait contre l’enrichissement illicite, MackySall connaissait ses adversaires et ces derniers savaient à quoi s’en tenir. Les dés étaient donc jetés et chacun a eu à se préparer pour le « MortalKombat ». L’Etat, partie civile, a préparé ses dossiers, organisé des hommes et des institutions pour traduire les présumés coupables devant nos juridictions pour qu’ils « rendent gorge » dans l’intérêt exclusif du peuple sénégalais.
 
Cette lutte n’est pas aisée, elle est ardue et nécessite à tous les niveaux un soutien et une participation aussi minime soit-elle du peuple. De l’argent détourné, des dessous de tables ne sont pas faciles à déceler surtout si les prévenus sont avertis.
 
Nous autres, citoyens lambda, savons pertinemment que ces gens ont détourné de l’argent à une grande échelle industrielle. Nous le voyions tous les jours, nous en parlions tous les jours. C’était le sujet dans les grands- places, dans les cars, dans les rues, dans les bureaux. Les auteurs ne s’en cachaient même pas et leurs comportements ostentatoires frisaient l’arrogance tant ils se sentaient à l’abri de tout couperet, protégés qu’ils étaient par une châpe paternelle de caïd.
Avec le problème de Karim Wade, la question n’est pas donc de démontrer sa culpabilité. Elle est établie, constatée et vécue. Le problème est de retrouver les planques, les prête-noms, les complices, les receleurs. Il n’est pas le premier responsable politique à être jugé et il ne sera pas le dernier.
 
Nous avons constaté la puissance de l’argent durant cet épisode. Il était devenu roi, j’allais dire Dieu. Heureusement qu’il n’est qu’artificiel. A tour de bras, nos maigres deniers étaient dilapidés au profit de laudateurs au service du roi et du prince.
C’est WADE père l’auteur des malheurs de WADE fils. Il lui a servi sur un plateau d’argent un trésor, un pays, des institutions sans coup férir. Il s’est vu tout beau et sa boulimie l’a perdu. On ne peut pas s’accaparer impunément la victoire, au prix de son sang, d’un peuple tout entier.
 
Les avocats (PM et ministres) qui le défendent aujourd’hui se battent pour eux-mêmes, pour leur propre cause, leur survie. Ils sont dans le même sac que Karim. Si la victoire était remportée par la défense, la porte de l’impunité leur serait grande ouverte. Il n’y a pas de doute et il ne faut pas tomber dans le piège de « procès politique », car Karim Wade ne peut constituer de menace pour MackySall. Nous  ne sommes pas amnésiques à ce point : très récemment, les enfants de ces ministres ont défrayé la chronique et les journaux en ont fait leurs choux gras, par « le vol » de centaines de millions des caves de leurs cossues maisons.
 
Ils auraient même dit à leurs amis qu’il existerait une chambre pleine d’argent aménagée par leur père ministre. Si nous étions dans un régime démocratique, dans une véritable république, la justice indépendante aurait déjà réglé ce problème.
 
Sans verser dans des élucubrations juridiques, la CREI est à même de les juger. En écoutant toutes les parties on peut retenir deux choses :
  1. Les avocats de la défense cherchent coûte que coûte à soustraire BiboBourgi qui constitue le maillon de l’accusation pour ôter à la partie civile son atout majeur, clé de voûte de tout l’artifice. La fuite de son frère est une preuve palpable.
  2. Transformer le tribunal d’exception en tribunal politique, pour noyer le poisson.
 
Mais, il faut constater que le poisson est très gros et les arêtes si volumineuses qu’un ogre en étoufferait. Le dossier Karim Wade, qui cache la forêt, ne doit constituer que le premier d’une longue liste, je l’espère de tout cœur. En effet, des dossiers, souvent agités, comme APIX, King Fahd Palace, LONASE, FESMAN, …tous plus scandaleux les uns que les autres doivent être mis sur la table, sans complaisance pour leurs auteurs. C’est à ce prix que MackySall pourrait êtrecrédible. Il devra refuser toute compromission, toute transhumance pour toute personne du régime de Wade. Au  demeurant, ceux qui acceptent de rendre leur butin devront le faire publiquement en présentant des excuses au peuple et en précisant la somme versée. A ce titre leur réinsertion est possible. Il n’y a de noble que celui qui sert honnêtement son pays.
 
La mise en demeure de AbdoulayeBaldéest logique. Il gérait l’ANOCI avec Karim. Mieux, on se souvient quand WADE père clamait haut et fort que seul Baldé manipulait l’argent : aveu prémonitoire pour disculper son fils.
Cette mise en demeure ne doit en aucun cas être assimilée à ce qui se passe en Casamance. Seuls des catastrophistes et démagogues jouent au chantage et à faire peur. C’est simplement l’Etat qui, à la place du peuple qu’il représente, réclame la clarté dans la gestion d’un homme à qui il a confié des centaines de milliards.
Cependant, l’Etat devra apporter des preuves palpables que tout le monde peut apprécier à leur juste valeur pour les confondre.
 
Par ailleurs, le problème de Habré est de la même veine. Œuvrer pour une Afrique fière de ses fils, débarrassée de ses prédateurs, de ses criminels financiers et économiques, qui appauvrissent le continent, est une véritable « JIHAD », une mission divine. L’Afrique est victime de ses propres enfants, de ses intellectuels, de ses hommes politiques qui la pillent, qui installent les populations dans la misère. C’est heureux pour nous sénégalais que notre pays serve encore d’exemple. Il l’a fait pour la démocratie et le multipartisme, il le démontre encore aujourd’hui par le biais de notre président MackySall. Juger nos dirigeants pour leur forfait constitue une voie royale pour le développement de l’Afrique, son rayonnement et son respect à travers le monde. Il est grand temps que l’Afrique apparaisse sous de meilleurs hospices à la place de ce visage hideux de la famine, des maladies, des génocides, des catastrophes provoquées ou naturelles ….
 
Que MackySall en soir le précurseur, nous devons nous en féliciter au lieu de jeter l’apobre sur lui. Longtemps le Sénégal a été « le havre » de chef d’Etats exilés, venus chercher refuge après avoir pillé leur pays. En leur offrant l’impunité, nous devenons complices de leur forfait et cela n’honore pas notre Sénégal. Le procès de Habré devra définitivement les en dissuader afin de dissoudre le syndicat des Présidents africains, pour les contraindre au respect de leurs institutions et à la limitation de leur mandat. Ces hauts faits constituent la base de la paix et du développement de l’Afrique.
 
En annonçant librement la réduction de son mandat de 7 à 5 ans, le Président démontre, s’il en était besoin, qu’il est loin des calculs électoraux et des combinaisons politiques pour s’éterniser au pouvoir. C’est quand même une première mondiale.
Ce sont là autant d’actes nobles qui méritent notre attention et notre appréciation.
Oui Macky, ton combat, notre combat, est celui de la vérité, de la seule guerre qui mérite d’être vécue. La victoire est impérieuse au bout. Elle sera longue à venir mais elle se dessine déjà par la peur qui s’est emparée du camp adverse qui verse dans l’insolence, dans la provocation. Quand il n’y a plus d’argument, le fiel constitue le seul fuel.
Voilà pourquoi le soutien à MackySall dans ce combat est légitime. Le peuple tout entier devra  vous soutenir dans cette entreprise noble. Depuis les chefs religieux jusqu’au Sénégalais lambda. L’amalgame fait de vos propos à l’endroit des marabouts résulte d’une certaine classe politique assommée K.O. debout, pour recouvrer un semblant de vie. La lumière fusera comme l’étoile au firmament. C’est ainsi que des hommes ont cherché vainement à mettre mal le Président avec les marabouts. Leur place de « citoyen ordinaire » est une réalité à moins qu’on ne veuille simplement dramatiser. Leurs rôles de moralisateurs, de guides, de chefs spirituels dans les ménages, les mariages, les baptêmes, les décès constituent leurs sacerdoces, leurs participations sociétales. C’est la division du travail. En aucun cas, ils ne pourraient être au-dessous de leurs confrères ; mais méritent notre respect et notre admiration.
 
Monsieur le Président, sans risque de me tromper, le rôle d’avant-gardiste n’est pas aisé. Il oblige à avaler beaucoup  de couleuvres et nécessite beaucoup de patience, de rigueur, d’honnêteté et d’humilité. Cependant, il faudra communiquer, informer largement pour que les populations adhèrent à votre lutte. Elles ont besoin de comprendre pour agir et échapper aux sournois et aux discours  démagogiques.
 
Persévérez et demandez à vos collaborateurs de creuser, de fouiller partout pour que la vérité éclate au grand jour dans l’intérêt exclusif des populations. Demain il fera jour pour tout le monde.
 

Ismaïla CAMARA, Directeur d’école à la retraite

Jeudi 21 Août 2014 - 12:29



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