Macky Sall sur la réduction de son mandat : «J’exprime une volonté mais je ne fais pas la loi »

Le président Sall était l’invité d’Afrique de RFI hier. En passant par le dernier sommet consacré au financement des infrastructures dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), Macky Sall n’a pas manqué de se prononcer sur les accusations d’Idrissa Seck en ce qui concerne la dynastie Faye Sall mais également la fameuse réduction de son mandat de sept (7) à cinq (5) ans qu’il avait promis lors de la campagne électorale en vue de la présidentielle de 2012. D’assurances fermes alors, le successeur de Wade de dire s’en remettre à la loi. Selon ces propres termes, le chef de l’Etat dit avoir exprimé sa volonté mais il ne fait pas la loi.



Macky Sall sur la réduction de son mandat : «J’exprime une volonté mais je ne fais pas la loi »
Deux (2) ans après son élection au pouvoir, le constat est toujours là : la réduction du mandat tant promise tarde à se dessiner. Le président Sall est toujours élu pour un mandat de sept (7) ans. En lieu et place d’assurances fermes, lui-même de se demander : «A quand la réforme ? ». « Je ne sais pas combien de fois j’ai déclaré que je réduirais mon mandat à cinq ans. Maintenant Je leur ai dit qu’il fallait attendre la fin des élections locales pour que je reprenne le dossier », dira par ailleurs Macky Sall qui ne manque pas de préciser avoir exprimé sa volonté mais en ce concerne la concrétisation, « il ne fait pas la loi ». « Le Conseil constitutionnel n’intervient qu’en dernier ressort puisque avant le Conseil, il y a soit l’Assemblée nationale, soit un référendum. Moi j’exprime une volonté et une conviction. Là ce n’est pas moi qui fais la loi. Il appartiendra au Parlement ou au référendum selon le schéma qui sera arrêté », dira-t-il tout en indiquant, « à ce stade ci, je n’ai pas encore choisi. Cela sera fait une fois que j’aurai repris le dossier ».


Le successeur de Wade qui aborde la campagne électorale en vue du test grandeur nature qu’il l’attend le 29 juin prochain, de dire « avoir laissé faire au niveau de sa formation politique, l’Alliance Pour la République (APR) ». « Notre parti est un jeune parti qui n’a que cinq ans, qui n’a jamais été structuré. C’est le moment à travers ces élections locales d’avoir des vraies primaires partout. C’est ce qui a fait que arrive dans une localité par exemple où j’ai quatre listes. Dans tous les cas, ces quatre listes, ce sont de l’APR et je n’ai rien à perdre dans cette localité. C’est sûr que quelque soit le maire, il viendra dans mon parti. Ailleurs ça peut nous coûter de perdre une collectivité, mais cela n’est pas grave par rapport à ce qui me concerne, c’est-à-dire pour les futures élections présidentielles. Mais les élections locales, c’est une affaire locale et je ne m’en mêle pas. C’est une affaire des citoyens dans leur localité ». Mais minimise la sortie d’Idrissa Seck qui parlait de dynastie Faye Sall, des noms du couple présidentielle pour signifier au maire de Thiès : « Je ne réponds pas à ce genre de qualification. Je vous ai dit, ces élections sont des élections strictement locales. Alors le devoir se pose à ce niveau, pas au niveau de l’Etat.


Je laisse les Sénégalais qui sont suffisamment matures apprécier tout cela ». Revenant sur le dernier sommet du NEPAD de ce week-end à Dakar, Macky Sall d’indiquer : « Nous avons dans le Pida [Programme pour le développement des infrastructures en Afrique] cinquante-et-un projets sur lesquels seize ont été extirpés, donc ces seize projets couvrent tout le continent. Vous avez des projets sur l’Afrique de l’Ouest, il y en a principalement trois. Un concerne la connexion en chemin de fer de la Côte d’Ivoire-Bénin-Togo et Nigeria. Un autre concerne justement Dakar-Bamako, comme premier tronçon du corridor est-ouest. Et nous avons le projet de Sambangalou qui est un projet hydroélectrique sur le fleuve Sénégal. L’idée, c’est de passer de la théorie à l’action. C’est pourquoi d’ailleurs à Dakar, nous avons évité de parler de déclaration de Dakar. On a dit « agenda de Dakar pour l’action », c’est-à-dire que c’est des réalisations qui, au plus tard en 2015 je pense, vont démarrer ». Et d’épiloguer sur l’invitation qu’il a adressée à son prédécesseur Wade audit sommet. Ce, pour dire « c’est très loin de la réalité de dire qu’il n’est pas content du retour de Wade au Sénégal ». Car selon lui, « Abdoulaye Wade est un ancien président du Sénégal, comme Abdou Diouf, et qu’à ce titre, on lui doit respect et considération. Bien sûr, il est politique et s’il descend dans l’arène politique, que les gens peuvent être amenés à réagir politiquement mais il faut quand même que l’éthique républicaine et l’élégance républicaine soient de mise. En tout cas, c’est mon créneau ».


Et conclure par le dossier en lâchant la même rengaine : « Je ne veux pas commenter un dossier en procédure judicaire. C’est une règle en démocratie ». Mais, « quant à la FIDH, ce n’est pas à elle de déterminer ce qui est conforme à la loi au Sénégal ou pas. La seule institution habilitée, c’est le Conseil constitutionnel qui a tranché ce débat. Il n’appartient ni à la FIDH, ni à qui que ce soit sur la Constitutionnalité de la Cour de Répression de l’Enrichissement Illicite (CREI) de donner un jugement, sauf à ne pas respecter notre démocratie et notre pays. Tout le reste, on laisse la justice faire son travail ».


Mardi 17 Juin 2014 - 11:25



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