Malaise au sommet de l’Etat : les erreurs fatales de Macky et de Mimi



Malaise au sommet de l’Etat : les erreurs fatales de Macky et de Mimi
Le malaise qui s’est instamment installé au sommet de l’Etat du Sénégal va vers une instabilité institutionnelle. Depuis près de trois mois maintenant les rapports entre le président de la République, Macky Sall et son Premier ministre, Aminata Touré ne sont plus aussi huilés qu’avant. Cette brouille dont-on disait supposée a fini par se confirmer suite aux comportements des deux autorités. Elle a été suscitée par de simples affabulations et traquenards politiques. La porosité du leader de l’APR à la dénonciation, aux cabales , attaques et combines pourrait l’amener à se départir de son Premier ministre, Mimi Touré qui a eu le tort d’afficher sa volonté «d’accélérer la cadence» au mépris des bonnes vieilles habitudes et pratiques dans l’armature institutionnelle mais surtout à la jalousie des ténors politiques de sa formation politique.
 
Le chef de l’Etat et son Premier ministre sont chacun, à dessein ou pas, en train de laisser pourrir une situation dangereuse. Au moment où le pays a besoin de toutes les synergies, surtout de rigueur et de courage pour pousser tout le monde au travail, la guerre froide entre ces deux plus hautes autorités du pays divertit et occupe les pensées et les palabres.
 
Si Macky Sall a promu Aminata Touré c’est parce qu’elle a montré de la perspicacité et de la pugnacité à la tête du ministère de la Justice. Elle a mené la traque des biens supposés mal acquis, diligenté les dossiers Béthio Thioune, Habré, entre autres. Ce qui a plus milité en sa faveur c’est que Mimi Touré a relancé certains projets et fait émerger une impression d’une justice indépendante où le «massela (compromission en wolof)» et les interventions fréquentes pour éviter une condamnation à des célébrités n’avaient plus place.
 
Après avoir réussi à décrocher avec la manière des promesses de financements du Plan Sénégal Emergent (PSE), le président de la République a besoin de concrétiser. A cet effet, il semble prêt à tout. Mais pourra-t-il rester sourd à toutes ces attaques en règle contre son Premier ministre qui présente actuellement toutes les dispositions d’une gestion saine et rigoureuse ?
 
En rompant avec son Premier ministre en moins d’un an après sa nomination et juste deux ans après son élection à la tête du pays, Macky Sall va conforter l’idée d’une bonne partie de la population qui estime que le président se laisse berner par la clameur et qu’il est facile d’avoir son oreille, de le monter contre quelqu’un comme c’est le cas présentement avec certains personnages politiques, économiques, culturels, médiatiques, etc. Et surtout comme c’était le cas avec son ancien Premier ministre.
 
Abdoul Mbaye a, en effet, été démis du poste de Premier ministre pour son «égo surdimensionné». Il a été victime d’un lynchage médiatique et d’une campagne insidieuse au sommet de l’Etat. Les caciques de l’Alliance pour la République (APR) et proches du chef de l’Etat l’accusaient d’être à l’origine du blocage et des difficultés d’articulation de la machine gouvernementale. Pis, les responsables de l’APR avaient estimé qu’il n’est pas politique donc ne peut comprendre la vision du président de la République pour la traduire en acte concret. Ces faucons ont, ainsi, fini par avoir la peau d’Abdoul Mbaye.
 
Aujourd’hui, c’est le tour de Aminata Touré de passer à l’échafaud. Depuis la sortie de Mambaye Niang, c’est le branle-bas de combat contre Mimi Touré. Même ses courtisans d’il y a quelques mois ont retourné leur veste et se braquent contre elle. D’aucuns disent que Mambaye Niang a été instrumentalisé par le président Macky Sall. Mais en réalité, c’est un intime du président qui serait à l’origine de tout. C’est pour cette raison que la mayonnaise de la «traque de Mimi Touré» a rapidement pris et a fédéré des gens comme Moustapha Diakhaté et Abdou Mbow qui jusqu’à un passé récent étaient réputés trop proche de la dame de fer.

Après Abdoul Mbaye le technocrate, si ces faucons arrivent à déboulonner Aminata Touré, l’instabilité institutionnelle qui poursuit l’Etat du Sénégal depuis Abdoulaye Wade risque de se poursuivre et de plomber de fait toutes les initiatives pour une croissance ou un développement. Quelque soit les pressions, le président de la République devrait ne pas trop se préoccuper de «l’activisme» débordant de Mimi Touré qui depuis AJ mais aussi les institutions des Nations Unies est connue pour son tempérament à vouloir bousculer les choses et les faire fonctionner à l’endroit.


Vendredi 7 Mars 2014 - 12:52




1.Posté par Niit le 07/03/2014 13:42
L’APR marche au pas de charge sur les traces du PDS.

Le Parti démocratique sénégalais avait habitué les sénégalais à des schémas de liquidation politiciens caractérisés par l’instrumentalisation de jeunes médiocres, insérés à des stations de commandement pour percevoir indûment des ressources, afin de dérouler un plan média planifié pour diaboliser certains responsables libéraux.

L’Alliance pour la République prend aujourd’hui le relais. Disons, Macky renoue avec ses pratiques très sales et écœurantes. Les sorties intempestives de M. Mame Mbaye Niang, président du Conseil de surveillance de la Haute autorité de l’Aéroport, cadrent parfaitement avec le portrait-robot que nous avons dressé des jeunes politiciens taillables et corvéables à merci. Personne ne peut attester de sa capacité à assumer correctement les fonctions de président du Conseil de surveillance de la Haute autorité de l’aéroport. Il est important de rappeler que le procédé politicien, employé pour créer et entretenir une atmosphère artificielle de dualité entre des autorités administratives, est maladroit et renseigne ouvertement d’une incapacité à transcender les égotismes.

Nous avons manqué de discernement en défendant aveuglément Macky Sall dont le discours sur la rupture n’emballe plus personne. Esseulé, il se cherche des coupables pour mourir à sa place. C’est un salopard politique, un menteur qui aime s’entourer de médiocres pour camoufler ses limites intellectuelles ainsi que sa misère morale.

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