Malawi: des drones pour faciliter le dépistage du Sida en milieu rural?

Le Malawi a commencé à tester un drone, non pas à des fins militaires, mais médicales. Le ministère de la Santé et le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef) espèrent utiliser cet avion sans pilote pour permettre aux enfants potentiellement séropositifs d’accéder plus rapidement aux tests de dépistage contre le VIH.



C’est un vol de 10 kilomètres. Il ne marquera pas l’histoire de l’aviation, mais passera peut-être aux annales de la lutte contre le Sida. Pour la première fois en Afrique, un drone  a été utilisé pour transporter des tests de dépistage contre le Sida. A Lilongwe, lundi et mardi, il s’agissait de faux tests, mais cet avion sans pilote apportera peut-être un jour la réponse à un vrai problème.

Gagner du temps

Au Malawi, 10 % de la population adulte est séropositive et plusieurs milliers d’enfants meurent chaque année du VIH. Le ministère de la Santé et l’Unicef cherchent donc, en priorité, à bloquer la transmission du virus de la mère séropositive à l’enfant, dès la naissance, grâce à des antirétroviraux. Cela fonctionne dans la plupart des cas, mais pas toujours. On vérifie donc si le bébé est porteur du virus à l’âge de six semaines.

Il suffit de lui prendre une goutte de sang, qu’on laisse tomber sur un « papier buvard » qu’on envoie au laboratoire. Si le résultat est positif, on donne aussitôt des antirétroviraux à l’enfant. Le « hic », c’est que ce processus prend trop de temps en milieu rural.

Là-bas, une mère séropositive peut attendre jusqu’à trois mois avant de savoir si son bébé est lui aussi porteur du Sida. C’est long, surtout quand on sait qu’il faut donner des antirétroviraux le plus vite possible aux enfants séropositifs. Réduire les temps de transport pourrait donc permettre aux enfants séropositifs de prendre leur traitement plus rapidement.

Réduire les coûts

Se pose aussi la question des coûts. Le drone utilisé fonctionne à l’énergie solaire. Ses piles sont donc rechargeables. Selon Mahimbo Mdoe, représentant de l’Unicef à Lilongwe, Il pourrait donc permettre de réduire les frais de prévention, qui rappelle que « pour le moment, pour transporter ces tests par véhicule ou par motocyclette, ça coûte environ un million ou un million et demi de dollars par an ».

Source: Rfi.fr



Mercredi 16 Mars 2016 - 09:23



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