Mali: Kidal partagée sur la signature de l'accord entre Bamako et le MNLA

Le retour de l'Etat malien, de l'armée et de l'administration à Kidal était au cœur de l'accord signé à Ouagadougou en début de semaine. Comment cette signature a-t-elle été perçue dans la capitale du nord ? Depuis dix jours, après la montée de l'armée du Mali vers le village d’Anéfis, la ville de Kidal était coupée du monde. Mercredi, le réseau de téléphonie mobile a été rétabli, permettant aux habitants et représentants de la société civile de prendre connaissance des détails de cet accord.



Kidal, le 16 juin 2012. REUTERS/Adama Diarra
Kidal, le 16 juin 2012. REUTERS/Adama Diarra
Coupés du monde, les habitants de Kidal cherchent désormais à connaitre les détails de l'accord signé à Ouagadougou. Deux positions semblent émerger. Il y a ceux qui s’en félicitent, comme le coordinateur de la ville, Mohamed Ali Ag Albassaty, qui cherche avant tout à aider la population.
« L’accord a suscité un grand intérêt au niveau de la population », affirme-t-il. « L’espoir, c’est de voir les populations reprendre une vie normale. C'est-à-dire l’eau, la santé, l’éducation... On demande à tout le monde de respecter les accords », plaide Mohamed Ali Ag Albassaty.
« Rêves » d'indépendance
Frustrée, la jeunesse de Kidal n'a pas encore digéré cet accord. Nasser Ag Cheick, jeune « ishumar » - c'est à dire chômeur, dans la région - l'accepte du bout des lèvres. Mais il insiste : son rêve reste l'indépendance. « Eux, ils disent que l’accord nous arrange. De notre côté, nous disons que l’accord brise nos rêves », explique le jeune homme. « L’indépendance est un rêve parce que nous sommes opprimés, ici, chez nous. »
Des élections « prioritaires »
Et puis, il y a les anciens, ceux qui ont vécu tous les accords entre le Mali et les rébellions. Tita ag Bacré, professeur, en fait parti. Il sait qu'il faut désormais prolonger l'accord, et discuter de l'élection présidentielle prévue le 28 juillet. « Il faut vraiment résoudre le problème des élections, parce qu’aujourd’hui il y a un problème de légitimité du président par intérim. Ces élections sont prioritaires », insiste-t-il. Et le professeur de s’interroger : « S’il n’y a pas un président légitimement élu, on va négocier avec qui ? »
Les habitants de Kidal ne s'accordent que sur un point : l'armée doit revenir sans heurts, sans exactions, car c'est la clef pour obtenir une paix durable.

Source : Rfi.fr

Dépéche

Vendredi 21 Juin 2013 - 09:59



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