Mali : cinq humanitaires libérés

Les forces françaises ont délivré des otages, dont plusieurs employés de la Croix-Rouge, qui avaient été capturés en février par un groupe terroriste.



L'Élysée a annoncé jeudi "la libération des cinq humanitaires maliens capturés le 8 février par un groupe terroriste" lors "d'une action des forces armées françaises", conduite dans la matinée au nord de Tombouctou, dans le nord du Mali. "Quatre d'entre eux sont des employés du Comité international de la Croix-Rouge", rappelle l'Élysée, dans un communiqué conjoint des présidents français et malien François Hollande et Ibrahim Boubacar Keïta. Les ex-otages "sont en bonne santé", ajoute le communiqué diffusé par la présidence française. Dans un communiqué diffusé à Genève, le CICR salue leur libération et précise que deux des humanitaires "sont légèrement blessés mais que leur vie n'est pas en danger". Ils ont été "libérés au hasard d'une opération militaire menée par les forces françaises dans le nord du pays".

"Nous sommes soulagés de ce dénouement heureux pour notre équipe. Pour les familles, qui ont été immédiatement informées, c'est la fin du calvaire", rapporte Christoph Luedi, chef de la délégation du CICR au Mali. "Nous remercions la population, les chefs communautaires religieux, et tous ceux qui nous ont accompagnés dans ces moments difficiles, et nous remercions également les familles, pour leur patience et leur courage", souligne le communiqué. Selon l'état-major des armées à Paris, ils se trouvaient à bord de deux pick-up quand ils ont été libérés et "une partie" du groupe de ravisseurs a été "neutralisée", c'est-à-dire tuée, par les militaires français. Deux des ex-otages "légèrement blessés" ont été pris en charge par une équipe médicale française et leur état est désormais satisfaisant, a précisé le porte-parole adjoint de l'état-major, le colonel Pascal Georgin. Les otages libérés ont été vus par des membres du CICR qui "ont confirmé qu'il s'agissait bien de leurs employés" et ils doivent être remis prochainement, probablement vendredi, aux autorités maliennes.

Soulagement

Des hélicoptères et des moyens terrestres des forces françaises au Mali ont été engagés dans cette opération qui se poursuivait jeudi soir, a précisé le porte-parole. "Lorsqu'on s'est approché des véhicules, les terroristes les ont quittés", a-t-il souligné. Les cinq otages ont alors été découverts à bord des pick-up. Les présidents français et maliens "expriment leur soulagement et adressent leurs félicitations aux militaires français qui ont permis aux cinq hommes détenus par les terroristes de recouvrer la liberté", poursuit le communiqué conjoint. Quant au président malien, il "remercie et adresse sa profonde gratitude à son homologue François Hollande pour l'engagement de la France aux côtés du Mali depuis 2013". "La France et le Mali demeurent résolument engagés, aux côtés d'autres nations, dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et le narco-trafic dans le Sahel", poursuit le communiqué.
L'enlèvement des cinq humanitaires avait été revendiqué auprès de l'AFP par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Leur véhicule avait été intercepté entre Kidal (extrême nord-est du Mali) et Gao (nord-est). Le Mujao est un des groupes alliés à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui ont occupé le nord du Mali en 2012 avant d'en être en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée début 2013 à l'initiative de la France, et toujours en cours. Le mouvement était particulièrement présent dans la ville de Gao, et dans sa région.

 


Lepoint.fr

Vendredi 18 Avril 2014 - 10:13



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