Mali: enlèvement de cinq responsables électoraux et d'un élu à Tessalit

Six personnes, dont des agents électoraux et un élu de la localité malienne de Tessalit, au nord de Kidal, ont été enlevées ce samedi 20 juillet par des hommes armés, alors qu'ils organisaient la distribution des cartes d'électeurs Nina. Ce rapt aggrave un peu plus les tensions, à seulement huit jours de l'élection présidentielle. L'identité des preneurs d'otages n'est pas encore connue.



Mali: enlèvement de cinq responsables électoraux et d'un élu à Tessalit

Les cinq agents électoraux et l'élu sont tous de nationalité malienne. Ils étaient dans la localité de Tessalit, située à 200 kilomètres au nord de Kidal. Sur place, ils préparaient activement l'organisation du premier tour de la présidentielle.

Selon deux témoins interrogés séparément par RFI, l'enlèvement des agents électoraux et de l'élu s'est déroulé très rapidement. Des hommes armés et enturbannés les ont interceptés dans le secteur de Tessalit, avant de prendre très rapidement la direction de la frontière algérienne plus au Nord.

Qui sont les ravisseurs ? Le ministère de la Défense reste très prudent, « de forts soupçons pèsent sur le MNLA, dit un porte-parole, mais rien n’est sûr. Personne n’a revendiqué officiellement l’enlèvement ». Le général Sangaré, délégué général aux élections du Mali, affirme pour sa part ne pas avoir d’information.

MNLA et autorités s'accusent mutuellement

Le témoignage du préfet de Tessalit, Cheick Bouaré, recueilli par RFI dans l'après-midi, est quant à lui beaucoup plus accusateur envers le Mouvement touareg : « Je confirme l’enlèvement de certains membres des équipes de diffusion des cartes Nina  (Numéro d’identification nationale, NDLR). Les membres des équipes se sentaient menacés depuis trois jours, et passaient donc la nuit au camp militaire d'Amachach. Et ce matin, quand ils sont arrivés en ville, ils ont été appréhendés par des éléments armés du MNLA à Tessalit. Le MNLA est contre l’élection présidentielle à Tessalit. Ils ont rencontré la population et ils l’ont menacée de représailles. Ils s’en sont pris aux membres de la commission, parce que sans distribution des cartes Nina, il n’y aura pas d’élection. »

« Ce n’est pas le MNLA », conteste Mahamadou Djeri Maïga, le numéro deux du groupe rebelle touareg. « Nous avons donné la consigne de laisser se faire les élections ». « Ce sont les autorités qui ont amené les preneurs d'otages, ce sont elles qui sont de mêche avec eux et ce sont elles qui font tout pour que les élections ne se tiennent pas », accuse-t-il. « Ils sont en train de fomenter des milices pour semer la zizanie à Kidal. Ils font monter des milices pour dresser les ethnies les unes contre les autres, uniquement pour qu'il y ait des troubles qui empêchent la tenue des élections », poursuit Mahamadou Djeri Maïga.

Quoi qu'il en soit, cet acte fragilise encore plus le processus électoral dans la région de Kidal. Déjà, jeudi et vendredi, des violences intercommunautaires dans la ville même avaient entraîné la mort de quatre civils, selon le bilan officiel. Le marché de la localité a été brûlé, et depuis lors, de nombreux civils sont toujours réfugiés dans un camp militaire de la ville.



Dimanche 21 Juillet 2013 - 11:44



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