Mali: l’ONU envisage de renforcer le mandat de la Minusma

La situation est de plus en plus précaire pour la Minusma, la mission de stabilisation de l’ONU au Mali. Face à un ennemi de plus en plus mobile et capable d’attaques directes, la Minusma doit s’adapter. Une situation entendue par le Conseil de sécurité à New York qui prévoit de renforcer son mandat.



L'ONU rend hommage à ses neuf casques bleus nigériens tués dans le nord du Mali, Bamako, le 8 octobre 2014.y FP Photo/ Habibou Kouyate
L'ONU rend hommage à ses neuf casques bleus nigériens tués dans le nord du Mali, Bamako, le 8 octobre 2014.y FP Photo/ Habibou Kouyate

Dix casques bleus tués en moins d’une semaine et trente et un morts au total, la Minusma est la mission de maintien de la paix la plus endeuillée de ces dernières années. Une situation que ne peut admettre le Conseil de sécurité qui s’inquiète du retour en force des jihadistes dans le nord du Mali et de leurs méthodes d’attaque non conventionnelles.

Pour mieux contrer cette menace et protéger ses casques bleus, le Conseil de sécurité promet donc de renforcer son contingent de 8 000 hommes, mais aussi d’améliorer l’équipement des soldats, de déployer des blindés pour assurer la protection des convois et d’organiser la surveillance aérienne avec des drones tactiques.

Des mesures de contre-terrorisme qui en disent long sur les difficultés rencontrées sur le terrain par une mission de maintien de la paix qui n’en porte plus que le nom.

 

Le Mali veut une force d'intervention rapide

Selon le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, il y a parmi les combattants de l’organisation État islamique en Syrie et en Irak de plus en plus de jeunes Africains. « Il y a des Maliens, mais aussi d’autres personnes originaires de pays voisins, du Niger, de l’Algérie, du Nigeria, ou même de Somalie. Ce sont ces jeunes gens originaires de ces pays qui rejoignent ces mouvements pour aller combattre », affirme Abdoulaye Diop.

Le ministre n’avance pas de chiffres précis. Mais pour lui, face à cette situation, il y a plusieurs risques. « Premièrement, il y a le risque que les organisations terroristes comme Ansar Dine ou Boko Haram qui sont dans nos pays utilisent déjà les mêmes modes opératoires, à travers les décapitations, mais aussi à travers le fait que chacun veut désormais proclamer un califat. Le deuxième risque, c’est que ces jeunes qui sont partis reviennent avec de l’expérience et qu’ils déstabilisent nos pays », craint ainsi Abdoulaye Diop.

Pour le ministre malien des Affaires étrangères, il est donc nécessaire d’installer au nord du Mali une force d’intervention rapide. En clair : il faut donner à la mission de l’ONU au Mali un mandat plus robuste.



Rfi.fr

Jeudi 9 Octobre 2014 - 11:48



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter