Mali: l'enquête de la Minusma sur la mort de deux manifestants à Kidal piétine

Il va encore falloir attendre avant de comprendre ce qui s'est exactement passé à Kidal il y a dix jours. Une manifestation contre la force française Barkhane avait dégénéré, les manifestants avaient envahi la piste de l'aéroport et contraint les casques bleus à employer la force. Résultat : deux manifestants tués dans des conditions que l'enquête interne de la Minusma n'a pas encore permis d'élucider. La Mission de l’ONU au Mali promet donc « une deuxième phase » d'enquête « plus approfondie ».



Un cadre de la mission onusienne en dit davantage que le communiqué officiel : les enquêteurs n'ont jusqu'à présent pas eu accès aux balles qui ont tué les deux manifestants pour des questions sanitaires et de sécurité. La Minusma en appelle donc « à la pleine coopération de toutes les parties » afin de pouvoir mener cette expertise balistique évidemment essentielle pour identifier les auteurs des tirs mortels.
 
La Minusma reconnaît cependant déjà que les casques bleus ont effectué des « tirs de sommation », en prenant soin de rappeler qu'à ce moment précis, les soldats de la paix s'étaient réfugiés dans un container auquel les manifestants tentaient de mettre le feu. Des manifestants munis, pour certains, de cocktails Molotov, et qui ont incendié les installations sécuritaires de l'aérodrome de Kidal.
 
La Minusma assure qu'elle « assumera toutes ses responsabilités », en fonction des conclusions de l'enquête, mais dénonce la violence des manifestants : le communiqué officiel évoque « des actes délictueux qui n'honorent personne et bénéficient avant tout aux ennemis de la paix. A moins, poursuit la mission onusienne avec une vigueur inhabituelle, que les instigateurs de ces manifestations ne soient eux-mêmes contre la paix. »


Source: Rfi.fr


Jeudi 28 Avril 2016 - 07:01



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